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PORTUGAL.

serait pas difficile d’ajouter à cette liste, et de prouver que les obligations de la Grande-Bretagne, durant cette longue période, ont été acquittées par une succession continue de services rendus au royaume de Portugal. Le soussigné ne se propose pas ici de nier la validité de ces anciens traités d’alliance, d’amitié et de garantie : au contraire, il désire admettre l’existence pleine et entière de tous ceux qui n’ont pas été annulés ou modifiés par de subséquentes transactions diplomatiques. Il conviendra que les traités peuvent s’expliquer les uns et les autres, et que leur esprit peut être accueilli plutôt d’après la teneur de leur ensemble, que d’après les dispositions particulières de chacun d’eux….

Mais le soussigné est préparé à soutenir que les traités existans, s’ils sont pris ensemble, suivant la méthode cumulative d’interprétation proposée par le marquis de Barbacéna, ou s’ils sont pris séparément, ne peuvent appuyer réellement le droit mis en avant.

On prétend que l’usurpation du trône de Portugal par l’infant don Miguel a donné à sa très-légitime Majesté le droit de demander à ce pays des secours efficaces, pour recouvrer sa couronne et son royaume. Mais il n’est pas aisé de voir sur quelle base on croit un tel droit fondé….

C’est donc, soit dans le but d’arrêter les succès de la rebellion, ou pour décider, par la force, une question de succession douteuse, que la Grande-Bretagne est appelée aujourd’hui à agir. Mais il est impossible d’imaginer qu’un état indépendant quelconque puisse avoir jamais en vue de remettre la direction et le contrôle de ses affaires intérieures entre les mains d’une autre puissance ; car, sans nul doute, si Sa Majesté était obligée de fournir un secours efficace dans le cas d’une révolte intérieure ou d’une dissension en Portugal, ce serait, pour elle, un devoir de veiller à ce qu’aucun événement pareil n’existât, si l’on pouvait le prévenir ; de là, une interposition constante et minutieuse dans les affaires du Portugal