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PIÈCES OFFICIELLES. — ÉTATS-UNIS.

commanderai à l’attention du congrès les considérations relatives à l’inégalité de solde entre les officiers de la marine et ceux de l’armée de terre. Une telle inégalité ne doit point exister entre ces braves défenseurs du pays ; et puisqu’elle existe, le congrès aura à décider s’il n’importe pas de la faire disparaître.

» Le rapport du directeur général des postes tend à montrer les résultats satisfaisans de l’administration de ce département. Des abus ont été réformés ; le transport de la poste s’est fait avec plus de rapidité, et les recettes ont augmenté considérablement. Sous le point de vue politique, ce département est surtout d’une haute importance, parce qu’il facilite la diffusion des lumières. Il est, au corps politique, ce que les veines et les artères sont au corps humain ; car il porte avec promptitude et régularité, dans les parties les plus éloignées de l’État, la connaissance exacte des opérations du gouvernement, et il rapporte au gouvernement le vœu et les pensées du peuple. Au moyen de ce mécanisme, nous sommes sûrs d’avoir la pleine et entière jouissance des bienfaits de la presse libre.

» Dans cette revue générale de nos affaires, il se présente un sujet de haute importance, en ce qui touche l’organisation actuelle de l’ordre judiciaire. Sans doute, il est désirable que l’action du gouvernement fédéral soit uniforme dans les différens États de l’Union ; et comme tous ces États sont entre eux sur le pied d’une parfaite égalité, chacun d’eux a droit d’espérer que les bienfaits conférés aux habitants des autres États s’étendront jusqu’à lui. Le système judiciaire, dans les États-Unis, n’est complétement en vigueur que dans quinze États seulement. Les cours de circuit, qui forment une partie importante de ce système, n’ont été accordées qu’imparfaitement à trois nouveaux États, et ont été refusées tout-à-fait aux six autres. L’effet de cette demi-mesure a été de priver les habitants de ces États des avantages qui résultent pour leurs concitoyens de la juridiction de la cour suprême, au criminel et au civil. Il n’est pas douteux qu’il faille porter remède à cet état de choses, autant que le remède pourra se concilier avec la prospérité publique ; mais on ne saurait se dissimuler que l’organisation de notre système judiciaire ne soit une tâche difficile et délicate. Étendre les cours de circuit à toute l’Union, et en même temps éviter que leur multiplication n’encombre la cour suprême d’appel, voilà le résultat qui serait à désirer. Peut-être ce résultat pourrait-il s’accomplir en divisant les juges de circuit en deux classes, et en composant alternativement la cour suprême de chacune d’elles, le grand juge restant toujours président.

» Si l’on se déterminait à étendre le système des cours de circuit à ceux des États qui ne jouissent pas encore de ces avantages, il serait nécessaire de réviser la disposition actuelle des circuits. Et, en tout cas, si le système actuel ne doit pas recevoir une application plus large, je ne vous en recommande pas moins la révision.

« Les mesures à prendre pour faire le relevé du cens du peuple des États-Unis, et pour assurer l’accomplissement de cette œuvre dans le temps convenable, réclameront bientôt toute l’attention du congrès [1].

» Le grand et continuel accroissement des affaires dans le département d’état a depuis long-temps appelé l’attention du pouvoir exécutif. Il y a treize ans, dans le dernier message de M. Madison au congrès, cette question faisait le sujet d’une recommandation pressante, qui a été répétée par ses deux successeurs. Mon expérience, moins longue que la leur, m’a convaincu de la justesse de cette recommandation. L’accroissement dont je parle provenait de plusieurs causes, dont la moindre n’est pas la grande extension de la famille des nations indépendantes, et l’augmentation proportionnelle de nos relations extérieures. Le remède proposé était l’établissement d’un départe-


  1. Lorsque ce nouveau recensement aura lieu, il sera curieux de voir si cette assertion, faite par notre correspondant de Virginie, que la population des États-Unis double tous les vingt-cinq ans, est exacte. Voyez l’article ayant pour titre : de l’avenir des États-Unis.)