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TABLEAU DE L’ÉGYPTE ET DE LA NUBIE.

découpent aussitôt par portions. Les fours de boulangerie répondent pour la grandeur aux chaudières, et sont, comme celles-ci, dans une activité continuelle qui dure huit jours à l’époque dont je parle.

La mosquée de Saïd le Bédouin est une des plus belles de l’Égypte ; elle peut passer même pour une des plus riches ; mais on n’en juge pas ainsi au premier coup-d’œil, à cause de son défaut de symétrie. Ses fenêtres sont comme des mosaïques de petits carreaux de verre de couleur, liés entre eux par un mortier très-fort. Le faîte des murs est orné par une espèce de crénelure en forme de trèfles. Quant aux deux minarets, ils sont de toute beauté, et grâce à leur élévation et à leur blancheur, on les aperçoit à une grande distance. La ville est bâtie sur une hauteur, dirigée du sud au nord-est. La mosquée se trouve sur un plateau qui en occupe presque le centre ; et je compare les rues aboutissantes aux rues inégales et tortueuses du Caire. La rue du Bazar pour la soierie, et plusieurs autres rues de ce genre, sont comme le Besestin de Smyrne, mais moins longues, presque aussi larges et bien alignées. On les ombrage avec des nattes en roseaux.

Tantah renferme aussi de grande hanquelles (bazars), bâties avec solidité. Une de ces hanquelles est spécialement affectée à la soierie ; une autre l’est aux toiles de tout genre : on rencontre celle-ci au sud de la mosquée. Plus bas, en face, est celle des toiles peintes, mouchoirs, etc. Pendant la durée de la foire, on vend dans le cloître de la mosquée des