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POPULATION DES DEUX MONDES.

recherche de cette vérité comme dans celle de tant d’autres, où il est question de sujets variables en eux-mêmes, et provenant de sources très-différentes, il faut, avant tout, commencer par ne mettre ensemble que des élémens comparables, et par faire un choix de ceux qui méritent d’être discutés. On remplit la première condition du problème, en réunissant toutes les opinions qui se rapportent à la même époque, ou à des époques peu éloignées les unes des autres ; on satisfait à la seconde, en rejetant toutes les évaluations, qui n’étant basées ni sur des faits positifs, ni sur des raisonnemens, sont évidemment erronées. En procédant de la sorte, on verra s’évanouir cette étonnante disparité d’opinions sur le nombre d’habitans d’une même contrée, disparité qui a valu plus d’une fois à la géographie statistique d’injustes reproches, et tout récemment, le dédain de quelques savans d’ailleurs estimables, mais étrangers à cette branche de connaissances.

Avant de faire l’analyse du tableau comparatif des principales opinions émises par les savans et les géographes sur la population du globe, il faut partager tous les pays qui le composent en deux classes : 1o celle des pays qui entrent dans le domaine de la statistique proprement dite ; 2o celle des pays qui n’y sont pas encore entrés.

La première classe comprend toutes les contrées dont la population a été déterminée par des recensemens effectifs qui, lorsqu’ils sont généraux, c’est-à-dire lorsqu’ils embrassent tous les habitans sans