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LES FRANÇAIS EN ÉGYPTE.

dans les maisons des Grands. On fit des visites dans les maisons européennes ; on s’empara des armes qui s’y trouvaient. On en agit de même avec les chrétiens de Damas, les Cophtes et les Grecs ; on assaillit les églises et les monastères pour y chercher des armes ; on voulait tuer tous les chrétiens et les Juifs. Si les Grands n’avaient interposé leur autorité, aucun n’aurait échappé.

« Chaque jour on apprenait que les Français approchaient du Caire, et personne n’était d’accord sur les dispositions qu’on devait prendre ; on ne savait de quel côté l’ennemi arrivait. Les uns disaient : il viendra par la rive occidentale ; d’autres par la rive orientale ; d’autres enfin pensaient qu’il pourrait venir des deux côtés. Cependant aucun des chefs de l’armée n’avait assez de présence d’esprit pour envoyer des espions, ou un corps avancé pour connaître la marche des Français. Ibrahim-bey et Murad-bey se contentèrent de rassembler leur armée et d’attendre l’ennemi, n’ayant nulle part de forteresse ni de retranchement ; ainsi, par cette mauvaise disposition, ils négligèrent de faire observer l’ennemi.

« Le vendredi 6 de sefer, les Français arrivèrent à Djisrul-Assouad. Le samedi matin, l’armée s’étendit à Emdinar. Alors on donna l’alarme partout : les habitans des villages voisins accoururent au camp. Mais les troupes n’avaient point de confiance en leurs forces ; aucune disposition n’avait été faite. Tout cela provenait de la hauteur, de l’orgueil et de l’égoïsme des chefs ; ils avaient du mépris pour