Page:Revue des Deux Mondes - 1830 - tome 1.djvu/182

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
174
VARIÉTÉS.

D. Qui est-ce qui fait un creux comme un nid, et qui ne pond pas ?

R. C’est le pilon dans le mortier. – Les nègres sont dans l’usage de réduire en farine le mil qui leur sert d’aliment ordinaire, en le pilant dans des mortiers.

D. Qui a une queue et ne la remue pas ?

R. C’est une cuiller.

D. Qui est-ce qui est très-long au soleil, et qui n’a pas d’ombre ?.

R. C’est le chemin.

D. Qu’y a-t-il de plus pénétrant au monde ?

R. C’est l’esprit.

D. Quels sont les camarades qui passent toute la journée à se battre et qui ne se font pas de mal ?

R. La langue et les dents.

D. Qui est-ce qui a les cheveux ébouriffés et qui prie Dieu de le coiffer.

R. C’est le rônier. – On appelle rônier dans le pays, et rondier dans les livres, un très-grand palmier du genre lontarus. Au sommet d’une tige haute de 60 à 80 pieds, il porte une touffe de larges feuilles en éventails, qui lui forment comme une tête hérissée de cheveux en désordre. Cette idée des nègres offre une image originale et vraie, à laquelle sourit naturellement quiconque a vu les nombreux et beaux rôniers qui croissent au Sénégal.