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NOUVELLES.

che de Lapérouse, ordonnée par Louis xiv. Gardien des matériaux réunis pendant cette longue et savante exploration, il eut le bonheur de les conserver sur une terre ennemie et de les rendre à la France, enrichis du fruit de ses observations et de ses propres recherches. De la publication de ce voyage et du bel atlas qui l’accompagne, date le nouvel essor de l’hydrographie parmi nous ; ses brillans progrès sont attestés par les grands monumens publiés dans le cours des dernières années.

« L’entrée de M. de Rossel au dépôt de la marine fut une conquête du talent, et cependant ce savant navigateur se crut obligé de justifier un tel choix comme s’il eût manqué de titres. On sait avec quel zèle, quel dévouement, il a contribué au développement et à l’éclat de ce bel établissement où ses efforts étaient partagés par des collaborateurs ses anciens camarades, ses émules, ses amis, en tout dignes de lui.

« L’académie des sciences et le bureau des longitudes garderont long-temps le souvenir de son utile coopération. Ils consigneront dans leur histoire l’influence de ses écrits sur les progrès de l’art de la navigation et de l’astronomie nautique.

« M. de Rossel vit dans la Société de géographie un établissement éminemment utile ; il fut un de ses fondateurs. Il est resté constamment attaché à la sagesse de ses institutions primitives, à la pensée qui l’avait créée ; il s’est fait un devoir de la rappeler toujours à sa véritable destination.

« M. de Rossel vivait uniquement pour la science ; peut-être, et c’est un regret de plus, son dévouement qui ne connaissait pas de bornes a-t-il contribué à sa mort prématurée.

« Un esprit juste présidait à ses travaux. Les mers lui étaient familières, et peu d’hommes connaissaient mieux que lui le sillage des différens bâtimens de découvertes, depuis Colomb jusqu’à nous. Élève, ami, admirateur de