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ARCHIVES GÉOGRAPHIQUES.

bien des années avant qu’il le soit. Les géographes, partant de principes souvent erronés, et le plus souvent encore hypothétiques, ont offert, et présentent tous les jours dans leurs ouvrages les opinions les plus contraires. Riccioli, depuis 1660, avait accordé à cette partie du monde 500 millions d’habitans, nombre qui, par la suite, a été presque constamment adopté dans beaucoup d’ouvrages. Le savant Süssmilch, dont l’opinion est d’un grand poids relativement à ce sujet, en s’appuyant sur cette base erronnée que l’Asie était cinq fois plus grande que l’Europe, en estima la population absolue à 650 millions, dans la supposition que la population relative de ces deux parties du globe était égale. Cette évaluation a été reproduite de nos jours encore, sans aucun examen, par un grand nombre de géographes et de naturalistes. Depuis la fin du 18e siècle, la plupart s’accordent, on ne sait trop pourquoi, à porter à 580 millions la population de l’Asie. Mais, tandis que Volney, en 1803, la réduisait à 240 millions, que M. Graberg, en 1813, ne l’estimait, y compris la Malaisie (Archipel Indien), qu’à 366 millions, que l’Oriental Herald ne l’évaluait en 1822, qu’à 372,700,000, et que la plupart des géographes anglais s’arrêtent à 400,000,000, Stein l’élève de nouveau à 536,517,000 et Melish la porte jusqu’à 600,000,000. Le savant Hassel, après avoir flotté entre 581 et 480 millions, s’était arrêté naguère à 480 millions, et Malte-Brun, à 340 millions.

Dès l’année 1816, en adoptant pour l’Asie les