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VOYAGE AUX ÉTATS-UNIS.

de bosquets et de fleurs qui étalent tout le luxe de la plus riche végétation ; les orangers, en grand nombre, répandent leurs suaves parfums ; les belles plantations en cannes à sucre, en indigo, en coton, les vastes champs de riz, l’immense surface de l’eau, unie comme un miroir, et traversée en tout sens par d’élégans bâtimens à vapeur et des centaines de barques, un ciel d’une pureté et d’une transparence admirable, un climat doux et un air embaumé, produisent sur les étrangers des sensations nouvelles qui tiennent de l’enchantement.

» Les plantations ou propriétés des colons le long du Mississipi sont de 150 à 650 acres, et forment en général des carrés alongés afin que chacun puisse jouir d’une certaine étendue de rivage. Les terres qui bordent le fleuve sont les plus élevées, et vont ensuite en pente vers les marais qui se trouvent à un quart de lieue des rives. Toutes les maisons sont construites aussi près que possible du fleuve, et cela non-seulement pour profiter des avantages que procure la navigation, mais aussi parce que les habitans n’ont point d’autre eau potable. On se sert dans toutes les maisons de grands vases avec des pierres à filtres, pour purifier cette eau, qui sans cela serait désagréable. Elle est parfois si trouble et si chargée, qu’en remplissant un verre le soir, on en trouve un huitième le lendemain occupé par un dépôt de terre ou de limon. Les créoles n’en prodiguent pas moins les plus grands éloges à l’eau