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ARCHIVES GÉOGRAPHIQUES.

du Mississipi ; ils lui attribuent des effets salutaires et presque merveilleux. Elle contribue, entre autres choses, selon eux, à la fécondité du beau sexe. Ce qu’il y a de certain, c’est que cette eau possède du moins une qualité précieuse, celle de ne point se corrompre sur mer. J’en ai fait moi-même l’expérience, pendant un voyage de 84 jours et pendant la saison la plus brûlante. À la fin de notre traversée, l’eau puisée dans ce fleuve et que nous avions prise à bord était fraîche et bonne, comme si elle venait seulement d’être mise dans les tonneaux.»

Du Mississipi, notre voyageur entra dans le bayou Plaquemine afin de se rendre vers la partie occidentale de la Louisiane, et dans la grande prairie des Attakapas. Pour y arriver, il lui fallut traverser un labyrinthe de canaux, de bayous et de lacs, parsemés de milliers d’îles de cyprès, mais qui étaient alors toutes couvertes par l’inondation, et qu’on ne pouvait reconnaître que par les cimes des grands arbres qui s’élevaient encore au dessus de la surface de l’eau. La prairie des Attakapas, où il débarqua dans un lieu nommé portage Guidrie, est une plaine immense à perte de vue, où d’innombrables troupeaux de beaux chevaux et de bêtes à cornes pâturent dans une herbe qui leur dépasse les genoux, et où de grandes plantations apparaissent çà et là comme des îles au milieu de la mer.

Jadis toute la richesse de la Louisiane occidentale consistait en ses troupeaux. Ce n’est que depuis une vingtaine d’années qu’on a commencé à y culti-