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VARIÉTÉS.

ans. Le pape Boniface viii, qui institua le jubilé pour la chrétienté, en 1300, le fixa à la fin de chaque année séculaire. Clément vi le réduisit, comme les Juifs, à la cinquantième. Urbain vi l’établit pour tous les trente-cinq ans, et Sixte iv pour tous les vingt-cinq ans ; c’est pourquoi le dernier a été publié en 1824 pour l’année suivante. La bulle du S. P. fut lue, la première fois, le jour de l’Ascension dans les trois basiliques de Rome : dès lors nos places publiques furent constamment remplies de prédicateurs missionnaires qui instruisaient le peuple en plein air, et souvent le souverain pontife y assistait. La seconde lecture de la bulle fut faite le quatrième dimanche de l’Avent ; dès ce moment tous les spectacles furent fermés, et les divertissemens publics prohibés. La troisième et dernière publication eut lieu le dimanche avant Noël, dont la veille fut le jour fixé pour l’ouverture du jubilé, et pendant trois jours les cloches annoncèrent cette solennité.

Au jour fixé, à onze heures du matin, les autorités et ambassadeurs prirent place dans l’immense tribune élevée sous le péristile de l’église. À midi, le clergé sortit processionnellement du Vatican, descendit sous les portiques de la gauche, et remonta par le milieu de la place. Il était accompagné d’un détachement de l’infanterie de la garde civique qui marchait en avant. Venaient derrière, les ordres religieux qui sont en très-grand nombre dans notre ville, une députation du clergé des diverses paroisses et le chapitre de Saint-Pierre, puis des évêques et des cardinaux. Le souverain pontife paraissait ensuite environné des grands officiers de sa cour. Il était vêtu d’une chape de drap d’argent, la tête surmontée de la tiare à triple couronne, et il tenait un cierge à la main. Un détachement de cavalerie fermait la marche.

S. S., arrivée sous le péristile de Saint-Pierre, se plaça sur un trône magnifique. On chanta des psaumes en musique ; ensuite le grand pénitencier remit au pape un mar-