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ARCHIVES GÉOGRAPHIQUES.

une cargaison à ce bâtiment, il avait demandé son congé et était resté dans ces îles. Après ce triste événement, nous continuâmes à descendre la colline. Quand nous fûmes arrivés au bas, les sauvages se disposèrent à nous recevoir ; ils se tenaient réunis par milliers aux deux côtés du sentier, et brandissant leurs armes. Nous remarquâmes avec horreur qu’ils s’étaient frotté le visage et le corps avec le sang de nos malheureux compagnons.

Dans ce moment, un sauvage, qui était descendu derrière nous sans être aperçu, lança à M. Norman un javelot qui pénétra par le dos et sortit par la poitrine. Cet officier fit encore quelques pas et ensuite tomba mort. Je tirai sur le sauvage qui venait de tuer notre chef, et je rechargeai mon arme aussi vite que possible. En me retournant, je m’aperçus que tous mes compagnons s’étaient enfuis de tous côtés. Profitant de l’absence des sauvages qui s’étaient mis à leur poursuite, je me mis à courir de toutes mes forces en suivant le sentier ; à quelques pas en avant, je trouvai le corps de William Parker étendu en travers du chemin, son fusil à côté de lui ; je m’emparai de cette arme et continuai ma retraite en courant avec une vitesse surnaturelle.

Les sauvages m’aperçurent alors et se mirent à me poursuivre. L’un d’entre eux m’approchait tellement, que je fus obligé de me débarrasser du fusil de Parker, ainsi que d’un pistolet fort lourd que j’avais à ma ceinture. Un moment après, j’atteignis le pied d’un rocher escarpé qui se trouvait isolé dans la plaine. Voyant qu’il m’était impossible de