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ARCHIVES GÉOGRAPHIQUES.

des quatorze pirogues, huit des leurs avaient été faits prisonniers et étaient détenus à bord du navire. L’un d’eux était frère du nambeau ou grand-prêtre de Vilear. Je fis entendre à la multitude que, si on nous tuait, ces huit prisonniers seraient mis à mort ; mais que, si l’on nous épargnait, mes cinq compagnons et moi, nous ferions relâcher les prisonniers sur-le-champ. Le grand-prêtre, que ces sauvages regardent comme une divinité, me demanda aussitôt si je disais la vérité, et si son frère et les sept autres insulaires étaient vivans. Je lui en donnai l’assurance et proposai d’envoyer un de mes hommes à bord inviter le capitaine à les relâcher, si lui, le grand-prêtre, voulait conduire cet homme sain et sauf jusqu’à nos embarcations. Le prêtre accepta ma proposition.

Thomas Dafny étant blessé et n’ayant pas d’armes pour se défendre, je le décidai à se hasarder à descendre pour aller joindre le prêtre et se rendre avec lui à notre embarcation. Il devait informer le capitaine Robson de notre horrible situation. Je lui ordonnai aussi de dire au capitaine que je désirais surtout qu’il ne relachât que la moitié des prisonniers, et qu’il leur montrât une grande caisse de quincaillerie et d’autres objets qu’il promettrait de donner aux quatre derniers prisonniers avec leur liberté, au moment même de notre retour à bord du navire.

Mon homme se conduisit comme je lui avais ordonné, et je ne le perdis pas de vue depuis l’instant où il nous quitta jusqu’à celui où il arriva sur le