Page:Revue des Deux Mondes - 1830 - tome 1.djvu/508

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
500
CORRESPONDANCE

L’enveloppe des crocodile du Guazacoalco ne résiste point aux balles ; aussi sont-ils plus timides ; ils n’attaquent point l’homme, et on n’a point à craindre, comme en Afrique, l’amputation d’un bras qu’on laisse pendre en dehors de la pirogue. Il nous est plusieurs fois arrivé d’en trouver sur le bord du fleuve, blottis dans l’herbe, et se roulant à notre aspect, dans l’eau, sans faire mine d’attaque.

« À droite et à gauche du fleuve, le terrain est tour à tour boisé et découvert, si l’on peut appeler découvertes des plaines où l’herbe est à la hauteur de dix pieds.

« Ces plaines n’ont jamais plus d’une lieue carrée, et se succèdent à droite et à gauche du Guazacoalco. Le reste du pays n’est qu’une vaste forêt de cèdres, acajous, de bois de teinture, de poivriers, d’ébéniers, et d’autres bois précieux. Les orangers, limoniers, bananiers, citroniers, palmiers, cacaotiers, etc., etc., se trouvent aussi mêlés et confondus dans les forêts. Le cèdre, l’acajou, le chêne et le sapin qui est très-commun à l’extrémité de la concession, sont de grandeur colossale. Ils servaient jadis, dans les chantiers de la Havane, à la construction des vaisseaux de haut bord, et aujourd’hui les Indiens construisent sur le Guazacoalco des pirogues en acajou, et d’une seule pièce, de cinq pieds de largeur sur cinquante de longueur. Ces forêts vierges contiennent des milliers de sangliers, de cochons marons, de cerfs, gazelles, lièvres, faisans, poules sauvages et quantité d’oiseaux charmans. Mais à côté de ces animaux inoffensifs, se trouvent aussi quelques animaux destructeurs, tel que le tigre ; du reste, jusqu’ici l’homme n’a pas eu à se plaindre de sa griffe ; tout ce qu’on a à lui reprocher c’est l’enlèvement de quelques poules qui allaient fourrager dans les bois, et se perchaient la nuit sur des arbres. Cependant depuis qu’on y emploie des chiens, et que le mouvement et le bruit ont troublé le silence des forêts, cet animal a disparu. »

M. Baradère ne pense pas que les serpens ou les mous-