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DOCUMENS OFFICIELS.

suite de la guerre, tenu une certaine conduite, il leur est entré dans l’esprit qu’ils recevront des reproches de la part de ma Sublime Porte ; et dès lors la peur s’est emparé d’eux.

« Mais le fait est que non-seulement les portes du pardon et de ma clémence impériale sont toujours ouvertes à ceux qui témoignent du repentir de leur conduite passée et en demandent l’oubli : mais encore que le gouvernement ottoman regarde les rayas dont il s’agit, comme amnistiés, eu égard à la paix salutaire qui vient d’être conclue.

« En conséquence, quelle qu’ait été la conduite tenue par ces rayas pendant la guerre, elle doit être ensevelie dans un éternel oubli. Nul ne sera recherché pour sa conduite passée. On fera voir à tous qu’on leur a pardonné, et tant qu’ils se tiendront dans les bornes de la droiture et de la fidélité comme rayas, mon premier besoin est que ma Sublime Porte s’occupe à assurer de toutes les manières leur repos et leur prospérité.

« Ma volonté impériale étant que vous ayez à faire connaître publiquement ces injonctions et ces vœux souverains à tous mes rayas de la haute et de la basse classe, qui habitent les lieux soumis à votre juridiction ; que d’après l’intelligence et la sagacité qui vous caractérisent, vous les rassuriez et les tranquillisiez tous ; que vous fassiez en sorte qu’ils s’occupent paisiblement, comme par le passé, à cultiver les champs, à exercer les métiers et à faire le commerce, et que vous tâchiez, par tous les moyens possibles, de m’attirer leurs bénédictions, le présent commandement impérial, qui a pour but de confirmer les ordres déjà donnés à cet égard, et de prescrire de la manière la plus pressante leur exécution, est émané ad hoc en vertu de mon hatti-shériff et expédié par N… N.

« Les rayas, dans toute l’étendue de mon empire, sont un dépôt que Dieu a confié à ma garde souveraine. Cela étant, quelle que puisse avoir été, durant la guerre, la conduite de quelques-uns d’entr’eux, par déférence pour la paix salutaire qui a été conclue, aucun d’eux ne sera recherché ni à présent ni à l’avenir. Tant qu’ils seront fermes dans le cercle des devoirs de la condition de rayas, ils n’auront, certes, aucun mal à craindre ni de la part de ma Sublime Porte ni de celle de ses autorités. Mais vous leur ferez savoir à tous que, reconnaissans pour cette marque de ma faveur impériale, ils doivent aussi de leur côté se comporter, en chaque occasion, de manière à prouver leur gratitude.

« Lorsque vous saurez que ma volonté souveraine et absolue est