Page:Revue des Deux Mondes - 1830 - tome 1.djvu/73

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
65
VOYAGE À TEMBOCTOU.

« La fièvre m’avait quitté, et je n’éprouvais plus qu’un violent mal de tête. Je me hâtai d’aller voir le Dhioliba qui, depuis long-temps, était l’objet de ma curiosité. Je remarquai qu’il coule dans la direction du sud-ouest-quart-sud à l’est-nord-est, pendant quelques milles, après quoi il tourne à l’est directement. Un peu au nord du village, est un banc de sable, près de la rive gauche. Je m’assis un instant pour regarder cette rivière mystérieuse sur laquelle les géographes européens ont cherché pendant si long-temps à se procurer des renseignemens. À côté de la rive gauche, en tirant vers le nord, sont des collines de cent, cent cinquante et deux cents pieds d’élévation, couvertes de jeunes arbres, et dont le sol rougeâtre me parut de même nature que celui de Sierra-Léoné. Le courant de la rivière pouvait avoir une rapidité de deux milles et demi ou trois milles à l’heure, et sa profondeur était en ce moment de neuf pieds, ce que je calculai d’après les bâtons dont on se servait pour faire avancer le bateau. La rive droite est plus basse que la gauche, sur laquelle est situé le village, à une élévation de l’eau d’un vingtième de mille environ.

« Les habitants de ce pays font une grande consommation de tabac à priser, mais ils ne le prennent pas comme nous avec les doigts. Quelques-uns font usage d’un pinceau, et d’autres d’une petite cuiller en fer. Les nègres me dirent que la rivière commence à déborder en juillet, et qu’alors ils vont en canots à plus de trois milles dans la plaine… Couroussa est un joli village entouré par une muraille