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EUROPE.

eu le bonheur d’être admis à la véritable croyance ; qu’il en est d’autres qui sont demeurés dans la religion chrétienne, et qui manifestent sans cesse le désir de retourner dans leur patrie ; que ces derniers, par leurs continuelles tentatives de fuite, finissent par n’être d’aucune utilité à leurs maîtres ;

» Considérant d’ailleurs, qu’actuellement que la paix et l’ordre règnent à l’ombre protectrice de S. M. I., qui ne veut tolérer aucune fraude ni violence, lesdits esclaves qui servent depuis long-temps, et qui, les regards toujours fixés vers leur patrie, sont restés fermes dans leur foi, ne sont retenus en esclavage que par la force ; que, s’ils recouvraient leur liberté et étaient renvoyés dans leurs pays, l’empire y gagnerait en population, et les maîtres qui les auraient délivrés acquerraient des droits à leur reconnaissance ;

» En conséquence donc, vous aurez soin de faire publier et d’expliquer la présente ordonnance à qui de droit, et vous veillerez à son exécution, c’est-à-dire que vous ferez délivrer tous les esclaves, hommes et femmes, qui n’ont pas embrassé la religion mahométane. Pour atteindre ce but, vous ferez comparaître devant vous les esclaves et leurs maîtres, et vous ferez envisager à ceux-ci qu’ils se font peu d’honneur et se privent de toute estime en obligeant des esclaves qui refusent de renoncer à leur croyance, de les servir par force. Observez bien que cet ordre suprême ne s’étend pas à ceux des esclaves qui ont embrassé l’islamisme ; veillez au contraire attentivement à ce qu’aucun de ces derniers ne puisse fuir, et faites punir conformément aux lois ceux qui en auraient manifesté l’intention. Quant à ceux qui sont restés chrétiens, vous les ferez délivrer, vous leur ferez fournir les sommes nécessaires pour retourner dans leur patrie, et vous me transmettrez la liste de tous ceux qui auront profité du bénéfice de la présente ordonnance.

Timbré du sceau visiriel.


Mariage du fis du gouverneur. — Le 18 novembre, S. Exc. Omer Lutfi effendi, gouverneur de Smyrne, a