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MARINE FRANÇAISE.

Ces chiffres ne sont pas exacts à une ou deux unités près. Mais ils s’éloignent très-peu de la vérité. Nous ne cherchons pas à exagérer ou à diminuer l’importance de l’escadre anglaise ; à quoi aboutirait le mensonge ? Nous nous efforçons d’être exacts. Il faut voir ses ennemis et ses rivaux tels qu’ils sont, afin de bien apprendre à savoir ce qu’on peut faire pour lutter contre eux sans désavantage.

Le Navy-Register for 1831 (le registre de l’escadre américaine pour 1831) donne aux États-Unis sept vaisseaux de 74 canons, sept frégates de 44, trois frégates de 36, quinze corvettes (sloops of war) de 24 à 18 canons, sept goëlettes ou autres petits bâtimens. Les sept vaisseaux sont armés ; cinq des frégates de première classe sont en commission (c’est-à-dire en armement commencé qui doit rester à un certain degré d’avancement fixe) ; deux sont armées. Une frégate de deuxième classe est en commission ; deux sont armées. Douze corvettes sont en commission, trois sont armées ; quatre goélettes sont en commission, deux sont armées. Le total des bâtimens en commission est de vingt-deux,

    très-grande puissance, occupant un très-petit espace dans le navire, et remplaçant la vapeur ; jusqu’au jour où l’on aura pu adapter les machines à des bâtimens qui ne perdront pas leurs qualités par cette imposition ; jusqu’au jour où l’on aura trouvé le moyen de préserver tout-à-fait les roues et les machines de l’action de l’artillerie, les bateaux à vapeur resteront condamnés au rôle subalterne de coureurs par le beau temps, de malles-poste portant les dépêches et les passagers sur une mer tranquille ou légèrement agitée, de remorqueurs dans les rivières ou à l’entrée des rades. Voyez si les Anglais ne construisent pas de vaisseaux, parce qu’ils ont des Steam-Vessels ! Non, ils ne s’abusent point sur les services qu’ils peuvent attendre de la vapeur ; ils en tirent tout le parti possible, et c’est ce que nous devrions faire comme eux : mais ils n’ont garde de dire que la navigation à voiles doit le céder à l’autre. Notre malheur est d’avoir de mauvaises machines ; il faut espérer que nous en aurons de bonnes, si l’établissement d’Indret prospère : mais craignons que l’industrie particulière en France ne soit de long-temps capable de lutter contre les fabriques anglaises.