Page:Revue des Deux Mondes - 1832 - tome 5.djvu/418

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pages in-folio, où se trouvent consignés plus de cinq cents observations astronomiques, un millier de mesures barométriques de hauteurs, plusieurs milliers d’observations météorologiques, des centaines de relevés de population ; outre cela, une soixantaine de dessins d’histoire naturelle, et autant consacrés aux scènes de la vie domestique ou des usages publics et privés des peuples que le voyageur a visités ; enfin, plus de vingt caisses d’échantillons géologiques et zoologiques, contenant aussi quelques centaines d’objets divers choisis parmi les produits les plus intéressans de l’industrie des indigènes ; voilà les résultats matériels de la curieuse exploration de Douville. Je me trompe, j’en oubliais un encore : seize blessures, dont sa tête et son front gardent les indélébiles cicatrices, doivent compléter cette énumération générale, et joindre leur éloquent témoignage à tant de pièces justificatives de ses efforts et de ses travaux.

C’est au centre même de l’Afrique équatoriale que notre hardi voyageur a porté ses pas ; les étapes les plus éloignées qu’il parcourut au-delà n’ont laissé dans sa mémoire que d’incomplets souvenirs, car il était mourant alors, il n’avançait plus qu’étendu sur un brancard, porté sur les épaules de ses serviteurs désolés, qui s’empressèrent de lui faire reprendre la direction des cotes d’Angola. Sans cet irrésistible obstacle, Douville eût continué sa route au nord, et sept journées de marche l’eussent conduit jusqu’aux fameuses montagnes que les peuples équatoriaux appellent, eux aussi, les Montagnes de la Lune, et au revers desquelles sont les mystérieuses sources du Nil d’Égypte. Browne avait appris dans le Dâr-Four qu’elles se trouvent au pays de Donga : il n’est pas sans intérêt de remarquer que ce nom appartient à la langue Abunda qui se parle au sud de l’Equateur, et qui signifie le Haut-Pays.

Bomba est le nom géographique qui marque le terme le plus reculé du voyage de Douville : c’est la résidence du puissant souverain qui règne chez les peuples Ninéanay avec le titre de Mouéné-Emougy ; avant d’arriver chez cette nation, il avait rencontré les Molouas sujets du Mouata Yanvo ; et lorsqu’il prit