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cette dernière recrudescence. Les uns l’attribuent à la chaleur, les autres aux glaces, ceux-ci aux bains de rivière, et ceux-là aux fruits. C’est vraiment peine inutile que l’on se donne. Ne voyez-vous pas, messieurs, que ce misérable choléra s’accommode à merveille de toutes les températures et de tous les régimes, et qu’il se soucie autant du froid et du chaud que de vos traitemens antiphiogistiques ?

Mais quittons un peu la France et voyons ce qui s’est récemment passé de plus important au-dehors.

Il s’est fabriqué à Londres un soixante-septième protocole ; ce ne sera pourtant pas encore probablement le dernier, et l’on finira sans doute par ne les plus compter. Quoi qu’il en soit, si le roi de Hollande et la conférence achèvent définitivement quelque jour cette interminable paix à laquelle ils travaillent depuis si long-temps, ils se seront au moins fait d’abord entre eux une rude guerre.

Les grandes nouvelles nous sont venues cette quinzaine de l’Allemagne. Ainsi que l’on s’y attendait, et comme nous l’avions bien prévu, la diète de Francfort a mis enfin au jour et lancé ses manifestes. Ces décrets, dictés à la confédération opprimée par la nouvelle sainte-alliance, n’attentent pas moins à l’indépendance des princes allemands qu’à celle de leurs peuples. Il est dit expressément dans ces scandaleuses ordonnances que la liberté de la presse, la liberté du vote de l’impôt, en un mot que toutes les libertés seront effacées des constitutions germaniques avec les baïonnettes de la Prusse et de l’Autriche. Il s’agit maintenant de savoir si la France et l’Angleterre n’interviendront pas dans cette lutte inégale, entreprise par les puissances despotiques contre le droit des nations ; il s’agit de savoir si les quatre cent mille hommes de notre armée assisteront magnanimement, l’arme au bras, à cette immolation des gouvernemens représentatifs au centre de l’Europe. La question est grave et mérite d’être pesée.

Une tentative bien différente est faite ailleurs en ce moment, à ce qu’il semble, toute au profit de la liberté. L’expédition de don Pedro vient de débarquer heureusement en Portugal. Déjà