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même la petite armée des aventureux patriotes s’est emparée d’Oporto. C’est là qu’elle attend : mais le pays entier ne se soulève pas comme on l’avait promis. Cette bombe, jetée dans la Péninsule, n’a pas éclaté jusqu’ici. Lisbonne et Madrid sont demeurées tranquilles. Il est vrai que l’ex-empereur du Brésil n’inspire aux Portugais qu’une médiocre confiance. C’est lui bien plutôt que sa fille qui leur arrive ; cependant don Miguel ou don Pedro, qu’importe ? Est-ce en conscience la peine de changer ? Et puis, que leur apporte-t-il ? Une constitution taillée sur le patron des nôtres. Est-ce donc bien aussi cela qu’ils veulent ? On ne sait pas, voyez-vous, traiter les maladies des peuples. Tous sont souffrans ; mais tous n’ont pas le même mal. Nos médecins politiques n’ont pourtant pour eux qu’un seul et même remède. Quelles que soient ses mœurs, quel que soit son âge, d’un, bout du, monde à l’autre, au midi comme au nord, une nation leur dit-elle : Je suis mal gouvernée, je suis opprimée, que faut-il faire ? Ils répondent : Prenez ma constitution. Voilà le tort. Les nations ne guérissent pas, faute d’être soignées selon leur tempérament.

Jetons maintenant un coup-d’œil hors de l’Europe avant de rentrer en France.

Ibrahim que l’on avait dit, il y a quelque temps, complètement battu par les troupes du grand-seigneur, triomphant, au contraire, sur tous les points, s’est emparé de Saint-Jean-d’Acre, et vient d’en envoyer le pacha captif à son père.

De nouvelles convulsions ont aussi récemment agité les républiques américaines. Ainsi le sol tremble partout, dans le vieux monde comme dans le nouveau.

Voilà bien pourtant au moins quinze jours que nous montrons chez nous un calme et une sagesse exemplaires. Depuis quinze jours, pas la moindre conspiration, pas la plus petite émeute, nous sommes occupés seulement à juger ce que nous avons de complots arriérés de l’hiver et du printemps.

Après un mois presque entier de débats à la cour d’assises, voici déjà la conspiration de la rue des Prouvaires expédiée. L’on avait bien démesurément grossi celle-là, lors de sa nais-