Page:Revue des Deux Mondes - 1832 - tome 7.djvu/498

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nôtre ! De quelle couleur est-il donc cet homme ? Cela intrigue. Il y a tant de couleurs diverses ! Si cet homme était de la couleur des broderies de messieurs de l’Institut ! S’il était de la couleur de M. Brifaut ! Et mille autres suppositions dans lesquelles l’esprit s’égare. Voilà pourtant des effets que nous ne saurions jamais produire, nous profanes qui ne sommes point initiés aux secrets du beau style.

Et c’est de cette façon cependant que M. Brifaut nous a raconté une foule d’actions simples et touchantes. Et puis il nous a dit que nous pleurions et qu’il avait excité notre pitié. C’est possible.

Douze médailles de 600 fr. chacune ont encore été décernées à des personnes de moindre vertu sans doute, et que l’on s’est au surplus contenté de nommer, ce qui valait mieux.

Du reste, pas un mot sur l’ouvrage de M. Ernest de Blosseville intitulé : Histoire des colonies pénales de ï’Angleterre dans l’Australie, et couronné comme le plus utile aux mœurs en 1832.

En revanche et pour clore dignement la séance, M. Viennet a donné lecture d’une scène des états de la ligue, tragédie de sa façon, qui n’est, a-t-il dit naïvement, susceptible d’être représentée nulle part et dans aucun temps. — En vérité, M. Viennet, même avant que vous nous eussiez lu votre fragment, nous étions déjà de votre avis.

Avant de quitter les académies, constatons encore ici l’anathème que celle de Bordeaux, sans doute sous l’inspiration de M. Fonfrède dont nous avons admiré récemment des vers si classiquement orthodoxes, vient de lancer contre les enjambemens et autres licences poétiques de la nouvelle école. A la bonne heure. Les académies n’ont-elles pas été instituées pour maintenir la césure au moins autant que la vertu ?

Il nous reste à jeter un coup-d’œil sur les nouveautés littéraires de la quinzaine.

Voici d’abord l’Histoire de la Musique [1] de M. Stafford, traduite de l’anglais par madame Adèle Fétis, avec des notes, des

  1. Chez Paulin place de la Bourse.