Page:Revue des Deux Mondes - 1835 - tome 2.djvu/131

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les coureurs à deux pieds que le vieux coquin avait marqués sur sa carabine aussi tranquillement que si, au lieu d’hommes, il eût tué des outardes.

« Nous n’avions ni le droit ni la volonté de nous ériger en juges en des lieux où s’arrêtent la société civile et la portée de son bras vengeur ; nous laissâmes donc cet homme parfaitement tranquille.

« Néanmoins, au bout de quelques années, ces trappeurs retournent toujours au sein de la civilisation, au moins pour quelques semaines, dès qu’ils ont amassé une quantité suffisante de peaux de castor. Ordinairement, ils abattent un arbre creux dans le voisinage ou sur la rive d’un cours d’eau navigable, le travaillent pour le rendre impénétrable à l’eau, le tirent dans la rivière, y chargent leurs peaux et quelque peu d’effets, et rament des milliers de milles sur le Missouri, l’Arkansas et la Rivière Rouge, jusqu’à Saint-Louis, Natchicoches ou Alexandrie, où ils parcourent les rues dans leur costume de peau de bêtes, et où leur aspect transporte souvent l’imagination dans le monde primitif. »

Ces esquisses sont remarquables par une grande variété de ton et de style qui ferait peut-être croire à l’existence d’un art américain. Dieu veuille qu’il en soit ainsi !