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CHEVELEY


OR THE MAN OF HONOUR


BY LADY BULWER




Voici une querelle de ménage, rédigée en six volumes, et dont toute l’Angleterre, du moins l’Angleterre qui lit, a eu la bonté de s’occuper.

M. Bulwer, aujourd’hui baronnet par la grace de la reine Victoria, non pas M. Henry Bulwer, coupable d’une médiocre analyse des mœurs françaises, mais M. Lytton Bulwer, auteur de Pelham et de Clifford, d’Eugène Aram et des Pèlerins du Rhin ; le célèbre romancier de l’Angleterre actuelle, le défenseur des droits littéraires au parlement, a fait paraître, il y a une année, trois volumes intitulés Maltravers, qui firent quelque bruit. On y reconnut plusieurs traits embellis de la vie de l’auteur. Le caractère de Maltravers, c’est-à-dire de Bulwer, homme de lettres et homme d’état, s’y montrait idéalisé sous une gaze transparente et brillante. Le romancier frappait ses ennemis, caressait ses amis, parlait de ses maîtresses, cultivait sa propre gloire, et se faisait un piédestal honnête, sous lequel tous ses rivaux foudroyés ou agenouillés se courbaient en silence. Le style, l’art, une certaine force rapide, l’habitude d’écrire, la verve de la vanité, beaucoup d’observations heureuses finement dites, un coup d’œil juste, ferme, prompt, et l’éloquence de l’égoïsme mêlée au talent de l’écrivain, valurent du succès à l’œuvre ; on se l’arracha, les commentaires furent nombreux ; on voulut savoir quel était