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POLITIQUE EXTERIEURE.




L'ESPAGNE <ref>Voyez les dernières livraisons./ref>




La lutte prévue est engagée en Espagne, et pour le moment les apparences sont toutes contre la monarchie constitutionnelle. Ce n’est pas la première fois que cette monarchie paraît sur le point de s’abîmer, et elle a toujours survécu. Lors de l’insurrection des juntes contre M. de Toreno, lors des évènemens de la Granja, et, plus récemment encore, lors des scènes de Barcelone, on aurait dit, comme aujourd’hui, que l’anarchie triomphait. Qu’en est-il résulté ? et que résultera-t-il du nouveau mouvement qui semble mettre en péril l’existence même d’un gouvernement en Espagne ?

Les exaltés et les modérés espagnols n’ont pas changé. Les exaltés sont toujours ce parti ardent, audacieux, bruyant, mais peu nombreux, qui excelle à faire un coup de main, mais qui ne sait pas, qui ne peut pas organiser sa victoire, parce qu’il rencontre une résistance invincible, quoique passive, dans les mœurs du pays. Les modérés sont toujours ce parti considérable, puissant, mais timide, qui laisse passer sans opposition le premier choc de l’insurrection, et qui reprend ensuite peu à peu ses avantages, comme l’eau d’un lac reprend son niveau après que la chute d’un rocher l’a facilement troublée dans ses profondeurs.