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d’augmenter la pente, et par conséquent la durée du temps pendant lequel le canal pouvait être navigable.

Makrizy ne parle pas de Trajan ; il dit « que ce canal fut creusé une seconde fois par Adrian Kaïsar, un des rois grecs [1].

D’Anville et d’autres après lui [2] ont essayé de concilier les auteurs arabes avec Ptolémée, en disant que le nom de Trajan, dans cet auteur, désigne Adrien, qui s’appelait aussi Trajan. Sans nul doute, c’est un des noms qu’Adrien porte sur les monumens ; mais on ne trouve pas d’exemple qu’il ait donné le nom de son prédécesseur à un travail qu’il aurait lui-même fait exécuter. Cela ne se voit de la part d’aucun empereur, et se concevrait moins de la part d’Adrien que de tout autre, Trajan ayant toujours été pour lui l’objet d’une rivalité que l’histoire lui reproche. Le nom de fleure Trajan, dans Ptolémée, est un fait positif, contemporain, qui ne permet pas qu’on s’arrête à l’assertion de Makrizy sur un point de l’histoire romaine si éloigné de l’époque où il vivait. D’ailleurs le témoignage de Ptolémée s’accorde avec des faits qui résultent de la découverte récente des anciennes carrières de porphyre.

Le gisement de ces carrières d’où les Romains ont tiré cette belle roche qui leur a servi à décorer leurs temples, leurs basiliques, leurs palais et leurs bains, était resté inconnu ou du moins incertain. Winkelmann [3] et même Visconti [4] les plaçaient en Arabie ; d’autres, avec plus de raison, sur la foi de Pline et de Ptolémée, les mettaient dans le désert de la Thébaïde, un peu au-dessus de la route de Quench à Qosseir. C’est en effet là qu’elles ont été découvertes, en 1821 et 1822, par deux voyageurs anglais, M. Burton et sir Gardner Wilkinson.

En explorant le désert entre le Nil et la mer Rouge [5], ils sont parvenus à deux établissemens antiques, abandonnés depuis des siècles, qui paraissent avoir eu une grande importance ; l’un et l’autre sont situés dans une solitude profonde au milieu des montagnes primitives qui bordent la rive occidentale de la mer Rouge à la latitude des 27e et 28e degrés.

Le premier de ces établissemens, formé dans la montagne appelée

  1. Voyez la trad. De Silv. De Sacy, dans la Trad. D’Hérodote de Larcher, 1. III.
  2. Mém. Sur l’Égypte, etc., p. 133. Le Père, ouvr. Cité, pag. 60.
  3. Hist. De l’Art, livre II, c. 21 § 19.
  4. Museo Pio Clement., t. VI, p. 247, édeit. De Milan.
  5. Voy. Journal of the R.G. Society of London, t. II.