Page:Revue des Deux Mondes - 1841 - tome 27.djvu/245

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visitèrent, et démontrèrent, par des comparaisons plus étendues, la connexion des dialectes de la Polynésie orientale avec le malay et la langue des habitans de Madagascar. Outre ces recherches générales, les deux siècles qui ont précédé le nôtre comptent d’excellens travaux spéciaux sur plusieurs dialectes océaniens. Une fois maîtres de l’archipel d’Asie, les Hollandais s’appliquèrent ’à l’étude du malay dans un but d’utilité commerciale et de propagation religieuse. Les mêmes vues guidèrent Flaccourt, notre compatriote, lorsqu’il publia un dictionnaire de la langue de Madgascar, où les Français avaient alors un établissement. Aux Philippines, les religieux espagnols exécutèrent sur les idiomes de cet archipel des travaux philologiques qui peuvent rivaliser avec ce que l’érudition moderne a créé de plus parfait. Ces premières recherches, continuées dans notre siècle avec une nouvelle ardeur, se sont enrichies de travaux nombreux et très remarquables. Je citerai en première ligne ceux de Marsden et du docteur Leyden sur le malay, de Crawfurd et de Rafflès sur le javanais. C’est à ces savans que nous sommes redevables d’avoir appris que ces langues ont une littérature cultivée et d’un haut intérêt. Depuis quelques années, les Hollandais ont commencé à s’occuper avec un zèle persévérant de la reproduction des textes javanais ; nous devons à deux orientalistes très distingués, MM. Gericke et Roorda, d’excellens ouvrages élémentaires destinés à nous en faciliter l’intelligence. A côté de ces travaux viennent se placer ceux des méthodistes anglais sur les langues polynésiennes, qu’ils ont les premiers fixées par l’écriture, et dont ils ont aussi les premiers exposé les règles grammaticales ; ceux de M. de Chamisso sur la langue des îles Sandwich, ceux du docteur Martin sur la langue des îles Tonga, et enfin les recherches très précieuses de M. d’Urville et des savans qui l’accompagnèrent dans le voyage de l’Astrolabe, sur les langues entièrement inconnues de la Nouvelle-Hollande et de la terre de Van Diémen.

La comparaison générale des idiomes océaniens a fait aussi de notre temps de très grands progrès. Les recherches de Marsden ont prouvé que la ressemblance qui se manifeste entre tous les membres de cette famille est due à la préexistence d’un type commun ou langage général duquel ils dérivent.

Dans un très intéressant mémoire, qui a pour auteur M. Dumont d’Urville, et qu’il a inséré dans la partie philologique de la relation du voyage de l’astrolabe, ce célèbre navigateur a eu l’idée très ingénieuse de former une table comparative de mots pris dans sept