Page:Revue des Deux Mondes - 1841 - tome 27.djvu/681

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de ce hatti-shériff qui tous, à deux modifications près, se trouvaient compris dans le premier :

1° Méhémet-Ali est tenu d’exécuter en Égypte les dispositions du hatti-shériff de Gulhané ainsi que tous les traités (même commerciaux) existant ou à intervenir entre la sublime Porte et les puissances amies. Il est également tenu de se conformer à tous les règlemens faits et à faire par la sublime Porte, en tenant compte des circonstances locales, de la justice et de l’équité.

2° Toutes les taxes et tous les revenus perçus en Égypte doivent l’être au nom du sultan, et conformément au système suivi dans le reste de l’empire.

3° En temps de paix, l’armée égyptienne reste invariablement fixée à dix-huit mille hommes.

4° Toute distinction est interdite entre les insignes et les drapeaux des troupes turques et des troupes égyptiennes.

5° Au-dessus du grade de colonel, le sultan se réserve la nomination des officiers de terre et de mer.

6° Il est défendu au pacha de construire aucun vaisseau de guerre sans avoir obtenu préalablement du sultan une autorisation nette et positive.

7° Le pacha peut battre monnaie, mais sans s’écarter des règlemens faits et à faire par la sublime Porte.

8° A ces conditions, le sultan daigne accorder l’hérédité à son fidèle sujet, mais avec cette réserve, qu’il reste maître de la révoquer en tout temps si le pacha se dispense d’exécuter un seul des articles précités.

De plus, un hatti-shériff particulier impose au pacha un tribut annuel de 10,000,000 de francs que sera, dit-on, réduit d’un quart, c’est-à-dire à 7,500,000.

Pour qui connaît tant soit peu l’Orient, et notamment l’Égypte, il est évident que de telles conditions dépouillent absolument Méhémet de tout ce qui fait depuis dix ans sa grandeur et sa puissance. Il est évident en outre qu’il ne veut pas, qu’il ne peut pas les exécuter. Qui donc imagine qu’il se réduira à dix-huit mille hommes, après en avoir eu cent cinquante mille ? qu’il renoncera à posséder une flotte, et à remplacer ceux de ses vaisseaux qui, construits avec de mauvais bois, dépérissent déjà ? qu’il consentira à recevoir ses officiers supérieurs de Constantinople, et à se conformer à tous les traités de commerce faits avec la Porte, même quand ces traités porteront atteinte à son monopole ? qu’il paiera enfin avec une exactitude scru-