Page:Revue des Deux Mondes - 1842 - tome 31.djvu/429

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dont s’occupe la chimie présentent des faits analogues. Leur capacité de saturation présente des rapports fixes, pour chacun mais variables de l’un à l’autre. L’étude de ces rapports est très importante, et les chiffres qui les expriment (1350-396 dans l’exemple cité portent en chimie le nom d’équivalens.

Dans l’appréciation de l’équivalent d’un corps quelconque, on suppose, en général, que celui de l’oxigène est représenté par 100. C’est à celui-ci que l’on rapporte tous les autres, c’est lui que l’on prend pour unité. Mais, au lieu de l’oxigène, on aurait pu choisir tout autre corps simple l’hydrogène, le carbone, etc. Les chiffres auraient été différens, cela est vrai, mais les rapports n’auraient pas changé : les équivalens, comme nous venons de le dire, n’expriment que des rapports.

Tous les corps se combinent en proportions constantes, invariables, et dans les réactions chimiques un équivalent est toujours exactement remplacé par un autre. Il s’ensuit que, connaissant quelques-uns de ces nombres, on peut, par des calculs très simples, arriver à découvrir tous les autres. Dès-lors on comprend toute l’importance qui s’attache à la détermination exacte des nombres qui servent pour ainsi dire de point de départ.

Parmi les corps dont l’équivalent était le plus essentiel à connaître, se trouvaient l’hydrogène et le carbone, qui, avec l’oxygène, jouent le premier rôle dans les phénomènes chimiques des corps organisés. Jusqu’à ce jour, on avait admis les nombres donnés par le célèbre chimiste suédois, M. Berzélius. Cependant une longue suite de recherches avait conduit M. Dumas à douter de leur exactitude ; il a repris ces expériences délicates par des procédés entièrement nouveaux et avec des précautions jusqu’alors négligées. Le carbone, en brûlant dans l’oxygène, se combine avec lui et donne naissance à un gaz qui a reçu le nom d’acide carbonique. Ainsi, en prenant un poids déterminé de carbone pur, en le brûlant dans de l’oxigène également pur, en recueillant l’acide carbonique produit et en le pesant, on trouvera par la différence des poids la quantité d’oxigène absorbé. Par conséquent, on saura dans quel rapport l’oxigène et le carbone se combinent, on connaîtra leurs équivalens. Cette idée s’était sans doute présentée à l’esprit de bien des chimistes ; mais le carbone pur, c’est le diamant, et pour que les expériences puissent offrir quelque certitude, il faut en sacrifier des quantités considérables. Ces considérations n’ont pas arrêté M. Dumas, et, grace à lui, on peut dire qu’aujourd’hui l’équivalent du carbone est définitivement fixé.