Page:Revue des Deux Mondes - 1842 - tome 31.djvu/549

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ques palinodies d’un jour de réception ; ils devraient surtout honorer et respecter la vieillesse comme le firent toujours ces peuples qui nous ont laissé les plus admirables exemples du grand et du beau dans les lettres et dans les arts.

La tâche des concurrens devenait bien ardue après tous les travaux dont Pascal avait déjà été l’objet. Au XVIIe siècle, Mme Périer et Nicole nous ont laissé deux intéressans morceaux relatifs à Pascal, et où se trouvent une foule d’anecdotes et de faits piquans. La vie et les travaux de ce grand écrivain furent illustrés aussi dans la préface de la première édition des Pensées et dans le discours préliminaire placé en tête du Traité de l’équilibre des liqueurs. Plus tard, des extraits des mémoires de Marguerite Périer, sa nièce, et une Relation de Jacqueline Pascal, qui furent publiés vers le milieu du siècle dernier, firent mieux connaître la vie si passionnée de cet homme qu’on avait cru toujours absorbé dans les profondeurs de la géométrie ou dans la contemplation de Dieu. Malheureusement on s’appliqua d’abord presque exclusivement à recueillir les souvenirs de Pascal ainsi que ses écrits sur la morale, et l’on négligea plusieurs de ses travaux mathématiques, dont Leibnitz faisait le plus grand cas, et qui n’ont pas été retrouvés depuis. En 1779, Bossut rassembla tout ce qu’il put trouver des œuvres de Pascal, et les publia (non sans plusieurs altérations) en cinq volumes précédés d’un travail considérable sur la vie de cet homme célèbre. Condorcet composa, sous l’influence de Voltaire, un éloge de l’auteur des Provinciales qui ressemble en bien des endroits à une satire. De notre temps, Pascal a été l’objet d’études et d’appréciations nouvelles. Dans ses spirituelles Questions de littérature légale, M. Charles Nodier a fait voir combien Pascal avait emprunté à ce Montaigne qu’il traite parfois si durement, et l’on doit à M. Villemain un discours où les qualités du style de Pascal sont appréciées de main de maître. Il était impossible de s’élever plus haut en fait de critique littéraire ; mais la vie de Pascal était peu étudiée, et les documens que l’on avait à cet égard étaient rarement consultés. Le mérite d’avoir rajeuni la biographie de Pascal, d’avoir été se retremper aux sources, appartient au docteur Reuchlin, qui a fait paraître en 1840, à Stuttgard, une vie de Pascal en allemand où les documens originaux sont fréquemment et utilement employés. Enfin, au commencement de cette année, M. Sainte-Beuve a publié le tome deuxième de son Port-Royal, où il a inséré une partie de la vie de Pascal. C’est là un travail, de critique et d’érudit à la fois, et si l’auteur avait pu donner dans