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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.


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31 août 1842.


Les chambres sont prorogées au 9 de janvier. La petite session est terminée. Le ministère a quatre mois de temps pour reprendre haleine et pour méditer sur les chances que lui prépare le mouvement qui vient de s’opérer au sein des partis.

Les chambres ont accompli tout ce qu’on attendait de leurs lumières et de leur patriotisme dans l’intérêt de la monarchie et pour la stabilité de l’établissement de juillet. La loi de régence a été votée à d’immenses majorités. La discussion qui a eu lieu à la chambre des députés et le rapport de M. le duc de Broglie à la chambre des pairs en sont le commentaire, commentaire brillant et solide qui ne laisse rien à dire, rien à désirer. Nous ne répéterons pas ce que tout le monde sait, ce que tout le monde a dit mille fois au sujet des discours qui ont été prononcés à la tribune de la chambre élective. C’est là désormais une histoire quelque peu ancienne. Le rapport de M. de Broglie est un document qui ne se séparera plus de la loi. Il en est, pour ainsi dire, le complément. Substantiel et rapide, rien n’y rappelle les lenteurs et les pénibles efforts d’une œuvre didactique : inspiré par les sentimens les plus élevés et les plus délicats, la polémique n’a pas le droit de le revendiquer et de le traîner avec elle dans l’arène. Ce n’est ni une dissertation ni un plaidoyer ; c’est une exposition haute, ferme et complète du sujet, c’est le travail d’un homme d’état, de celui qui, dans nos temps de dénigrement et de soupçons, pouvait seul peut-être, sans craindre les interprétations de la calomnie, faire monter l’expression de la reconnaissance nationale jusqu’à ces hautes régions où se distribuent la faveur et le pouvoir.