Page:Revue des Deux Mondes - 1842 - tome 31.djvu/871

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l’éducation commençait à faire de grands progrès, comme le prouvent les allocations annuelles consacrées à cet objet par la législature canadienne. De 1827 jusqu’en 1836, c’est-à-dire dans l’espace de dix années, la législature a voté pour l’instruction publique environ 4 millions 765,000 francs, et dans les dernières années, l’allocation formait le quart du budget total de la province. Je trouve dans le rapport d’une commission de la chambre d’assemblée les détails suivans sur l’état de l’instruction publique : « En 1831, il y avait 1216 écoles primaires. En 1827, 18,400 enfans recevaient seuls les bienfaits de l’éducation. Ce chiffre s’est élevé en 1831 à 45,200, dont 23,800 recevaient l’instruction gratuite. » Un rapport de 1836 porte à peu près les mêmes chiffres ; mais il prouve qu’à cette époque le nombre des enfans qui suivaient un enseignement supérieur, ou fréquentaient des établissemens ne recevant pas de secours de l’administration, était de 6,281, dont 2,595 garcons et 3,686 jeunes filles.

On sait que les institutions anglaises confient à des milices locales la défense des colonies. Aucune de ces milices n’eût été plus formidable que celle du Bas-Canada, si l’on en eût jamais permis l’armement, comme dans les colonies dont la population est entièrement anglaise. Sur les cadres officiels, elle comptait déjà 50,000 hommes en 1807 ; dans un rapport présenté vingt ans après dans la chambre d’assemblée, je vois qu’à cette époque l’effectif s’élevait à 80,000 hommes. Enfin, en 1836, des documens officiels portent le contingent de la milice à 93,000 hommes.

Les statistiques du commerce du Canada présentent ensemble le mouvement commercial des deux provinces, le Haut et le Bas-Canada, qui ont les mêmes ports, Québec et Montréal. Les principaux articles importés au Canada sont, en première ligne, ceux de fabrication anglaise, tels que les tissus de diverses matières, la quincaillerie, la coutellerie, etc. ; les vins, le rhum, l’eau-de-vie, le gin, le sucre, le café, le thé, le tabac. Les exportations consistent en bois de construction et de mâture, bordages, potasse, huile de poisson, céréales, pelleteries et fourrures, etc.

La France a fort peu de relations commerciales avec le Canada. Nos vins et nos eaux-de-vie -y ont à soutenir la concurrence des vins de l’Espagne et du Portugal et du rhum des colonies anglaises. Il y a néanmoins des articles pour lesquels le commerce français n’a aucune rivalité à redouter : telles sont la parfumerie, l’horlogerie, la bijouterie, les papiers peints, les modes et nouveautés, la rubannerie et la cordonnerie pour femmes. Les toiles damassées, les