Page:Revue des Deux Mondes - 1842 - tome 31.djvu/875

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


rent, une ligne de communication qui a 212 kilomètres de longueur, et qui n’a pas coûté moins de 25,000,000 de francs. Ce canal a fait de Kingston la ville la plus importante du Haut-Canada, et le principal entrepôt de commerce entre le bas-Canada et les établissemens situés à l’ouest des grands lacs. Kingston a dépossédé du titre de capitale de la province Toronto, qui compte aujourd’hui plus de 15,000 habitans, et dont l’emplacement était, il y a trente ans, couvert de bois impénétrables.

Avant le bill de 1840, le conseil législatif du Haut-Canada comptait trente membres, et la chambre d’assemblée soixante-deux. Les conditions électorales étaient les mêmes que dans l’autre province.

La population du Haut-Canada est répartie entre treize districts, divisés en comtés et en townships (juridictions). Le township, dont la superficie est d’environ 27,000 hectares, est la corporation municipale constituée par un nombre déterminé d’habitans administrant leurs propres affaires. La jurisprudence anglaise est seule en vigueur dans le Haut-Canada ; le free and common soccage y est le seul mode de propriété. Les colons anglais, écossais et irlandais y ont apporté leurs religions diverses, qui vivent en bonne intelligence. Une sage administration a pris soin de répandre sur tous les points de la province l’instruction publique. En 1836, on comptait 42,000 hommes de milice, 18 escadrons de cavalerie, et 5 compagnies d’artillerie. Les dépenses du Haut-Canada, qui n’étaient, en 1827, que de 2,200,000 francs, étaient montées, en 1836, à 5,400,000 francs. Sur ce chiffre, 450,000 francs étaient affectés au gouvernement civil, 300,000 francs au clergé, 270,000 à l’instruction publique, 2,775,000 francs aux travaux publics, et 450,000 francs aux intérêts de la dette. En effet, pour exécuter les travaux qu’elles avaient jugé nécessaires aux intérêts de la province, l’administration et la législature n’avaient pas craint de contracter divers emprunts qui, au 1er janvier 1838, avaient atteint le chiffre de 15,000,000 francs, et qui se sont successivement élevés jusqu’à environ 50 millions.

Il y avait, en 1836, dans le Haut-Canada, trois banques autorisées par des actes du parlement provincial : la Banque du Haut-Canada, avec un capital de 5 millions de francs ; la Banque commerciale du Middland-District, ayant un capital égal, et le Gore-District bank, dont le fonds social n’est que de la moitié. Il y avait en outre dans le Haut-Canada deux banques privées dont les billets étaient en circulation : l’Agricultural bank et la Farmer’s bank. On estimait, en 1836, à la somme de 11 millions de francs la valeur des billets des