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papier lancée depuis quinze ans par ce volcan toujours allumé qu’on nomme la presse.

D’après un tableau dressé par M. Balbi en 1828, la production générale des journaux était à cette époque, pour le globe entier, de 3,168 ; soit pour la France 490, pour l’Europe entière 2,142, pour l’Amérique 978, pour l’Asie 27, pour l’Afrique 12, pour l’Océanie 9.

Depuis l’époque où fut dressé le tableau de M. Balbi, le rapport de la production est resté à peu près le même entre les divers états, mais le chiffre a haussé partout. Ainsi le total des journaux ou recueils périodiques, qui était de 176 pour Paris en 1828, s’élevait en 1833, pour cette ville seule, à 217, et à 428 en 1845, plus 1 journal allemand, 4 journaux anglais, 1 journal espagnol et 6 journaux polonais, ce qui présente un total de 440. Le nombre des journaux ou recueils périodiques publiés dans la province peut être porté approximativement à 560, dont la moitié environ s’occupent plus ou moins de politique. Le département le plus riche en journaux politiques est celui du Nord, qui en compte 20 ; on en trouve ensuite 12 dans la Seine-Inférieure, 8 dans l’Aisne et les Bouches-du-Rhône, 7 dans le Rhône et le Pas-de-Calais. A part une vingtaine de feuilles quotidiennes et de recueils dont l’existence date de plusieurs années, le contingent bibliographique de cette section est fourni par une foule de publications plus ou moins éphémères qui disparaissent, les unes après quelques semaines, le plus grand nombre après quelques mois, les plus heureuses après deux ou trois ans. Fonder un journal est aujourd’hui dans les lettres, la politique, la science et l’industrie, le rêve d’une foule de gens avides de se créer une influence ; mais, le faire vivre étant le secret d’un petit nombre, il en résulte que dans aucune autre branche les tentatives n’ont été plus nombreuses et les succès plus rares. Il serait curieux, car on atteindrait à un chiffre énorme, de donner le total des sommes qui se sont englouties dans ces tentatives ; nous nous bornerons à compter la quantité de feuilles quotidiennes ou de recueils hebdomadaires, mensuels ou bi-mensuels, qui ont été créés, la plupart pour mourir presque aussitôt, dans les années suivantes :


1833 251 journaux 1838 184
1834 180 1840 146
1835 165 1841 166
1836 151 1842 214
1837 158 1845 185

Parmi ces journaux et ces publications périodiques, chaque chose a sa part, la politique, la science, la littérature, l’industrie, le scandale. L’histoire de la presse politique, à partir de 1830 et dans les premières années qui suivirent la révolution de juillet, est marquée par les nombreux essais qui furent faits pour fonder de nouveaux organes de publicité, par l’ardeur avec laquelle les écrivains se portèrent à la discussion des principes, par la préoccupation, nouvelle alors dans le journalisme quotidien, des améliorations administratives, morales et matérielles. Comme toujours au lendemain d’une révolution, les partis agités, les uns par le regret, les autres par l’espérance, laissent parler tout haut les haines ou les sympathies, et, en parcourant aujourd’hui dans les journaux de