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L'AMERIQUE ANGLAISE


EN 1850.




LES ANGLAIS ET LES AMERICAINS SUR LES BORDS DU SAINT-LAURENT. - LES CANADIENS FRANCAIS. - SCENES DE LA VIE COLONIALE ET DE LA VIE NOMADE.


I. Hudson’s Bay, or snow-shoe Journeys, boat and canoe travelling Incursions, by R. M. Ballantyne ; Edinburg, 1847.

II. L’Acadie, or seven years Explorations in British America, by sir James Alexander ; London, Henri Colburn, 1850.




Il fut un temps où les Français avaient le goût et l’instinct de la colonisation : durant le XVIIe siècle et une partie du XVIIIe, on les trouvait partout, — en Asie, aux îles Mascarenhas et à Madagascar, dans les déserts du Nouveau-Monde et dans presque toutes les Antilles. Pour ne parler que de l’Amérique du Nord, ils en occupaient les deux points les plus importans, l’embouchure du Saint-Laurent et celle du Mississipi. La Nouvelle-Orléans et Québec leur ouvraient les deux fleuves immenses par lesquels ils pouvaient s’avancer librement jusqu’au cœur d’un continent inexploré.

Situés sous des latitudes si différentes, le Canada et la Louisiane se développèrent en sens inverse des espérances qu’ils avaient fait naître. Les plaines fertiles, mais insalubres du Mississipi dévorèrent les premiers habitans qu’y envoya la France, et engloutirent les capitaux qu’une spéculation désordonnée y jetait sans calcul. Sur les bords du