Page:Revue des Deux Mondes - 1854 - tome 8.djvu/698

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Anvers possède aujourd’hui une collection d’animaux vivants qui ferait honneur à toutes les villes maritimes.

L’exemple donné par les Anversois ne pouvait manquer d’imitateurs. Vers la fin de 1851, une société anonyme s’organisait à Gand pour fonder un jardin zoologique. Le capital social, qui était d’abord de 300,000 francs, fut porté en 1853 à 450,000 francs. Le terrain, successivement accru, présente aujourd’hui une superficie de plus de cinq hectares. Les habitants de Gand, qui avaient d’abord répondu avec hésitation à l’appel du comité fondateur, se montrent maintenant très jaloux et très empressés de s’inscrire sur les registres de la société d’histoire naturelle. Le nombre des membres associés vient d’atteindre le chiffre de quatre mille. Le jardin zoologique de Gand possède une collection d’environ sept cents animaux vivants ( [1] ) ; c’est peu sans doute, mais il faut se souvenir que cet établissement est né d’hier. La ménagerie a fait quelques pertes graves : un crocodile et un ours blanc se sont majestueusement laissés mourir, l’un par regret de son soleil, l’autre de ses glaces. Ces pertes sont inévitables au début d’une fondation ; l’entretien des animaux demande un sérieux apprentissage. Au reste, le jardin zoologique de Gand est en bonne voie. Le directeur, homme capable et dévoué, a établi des relations avec tous les pays d’où viennent les animaux rares. Les ressources abondent. L’année dernière, l’établissement a fait une recette d’environ 65,000 francs, et toutes les dépenses ne se sont guère élevées à plus de 48,000 francs. Comme le jardin zoologique d’Anvers, celui de Gand est en même temps un lieu d’étude, de réunion et de divertissement. Dans la belle saison, des concerts de musique militaire attirent, au moins une fois par semaine, de nombreux visiteurs. Les femmes de la ville s’y rendent en toilette, un peu pour voir les animaux et un peu pour être vues.

La capitale de la Belgique, Bruxelles, est en retard sous le rapport de l’histoire naturelle. Son jardin zoologique est encore dans l’enfance. Le terrain est assez vaste et heureusement planté ; quelques constructions agréables s’y élèvent ( [2] ) ; les loges sont faites de manière à dissimuler sous quelques ornements naturels ce qu’a toujours de triste le spectacle de la captivité, mais les collections sont pauvres.

  1. Parmi les constructions du jardin de Gand, l’œil distingue tout d’abord le bâtiment principal, qui ne manque point de caractère, — un élégant palais des singes, un kiosque qui s’élève, parmi les rocailles, au-dessus d’une pièce d’eau où nagent des cygnes, des canards, des pélicans,— une charmante cabane pour loger les autruches,— des étables d’une architecture rustique, mais non sans style, — une fosse aux ours, — — et de légères habitations pour les oiseaux de proie.
  2. Nous citerons la fosse aux ours et un bassin considérable, dans lequel s’ébat un peuple de canards et d’autres oiseaux nageurs. Ce bassin est alimenté par une machine hydraulique d’une forme svelte et d’une grande puissance.