Page:Revue des Deux Mondes - 1854 - tome 8.djvu/699

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Les quadrupèdes nous ont surtout paru représentés au jardin zoologique de Bruxelles par le genre canis, et les oiseaux par les gallinacés. Les pertes ont été énormes et témoignent que l’art de conserver les animaux vivants est un art d’expérience et de pratique. « Voici quarante ans que je m’occupe de cela, nous disait le directeur du jardin d’Anvers, et j’apprends tous les jours. » Notre conviction est pourtant que la société d’histoire naturelle fondée à Bruxelles triomphera là comme ailleurs des difficultés d’une installation toute récente. Déjà l’établissement attire des visiteurs, et les acquisitions se multiplient.

Le mécanisme des sociétés d’histoire naturelle, telles qu’on les trouve établies en Belgique, est, on le voit, extrêmement simple. Un comité organisateur se forme ; ce comité nomme un conseil d’administration et un directeur ; un fonds social, divisé en actions, est évalué et fixé sur les besoins probables de l’entreprise. De ce jour, l’établissement vit ; il a une tête, des membres, et, si l’on ose ainsi dire, des organes alimentaires. Dès que ces premières conditions satisfaites assurent son existence à la compagnie, on procède à l’achat d’un terrain. Le choix de l’emplacement est capital : il faut une exposition au midi pour les animaux des contrées chaudes, une exposition au nord pour les animaux des contrées froides, et un fond marécageux pour les animaux aquatiques. Une fois ouvert, l’établissement vit de ses recettes et des souscriptions qu’il perçoit. L’achat des animaux est surtout confié au directeur, qui doit se mettre en rapport avec les voyageurs, les consuls et les capitaines de vaisseaux. Ces animaux obtenus, il n’y a qu’une connaissance approfondie de leurs mœurs et de leurs besoins qui puisse pourvoir à leur conservation ; il s’agit de reproduire artificiellement autour d’eux les conditions naturelles de leur patrie, de distribuer par conséquent aux uns le froid, à d’autres la chaleur, à d’autres encore l’humidité. Il s’agit, en un mot, de faire des climats. Un comité fondateur, des actionnaires, des souscripteurs, qui pour une somme annuelle de 20 ou 25 fr. acquièrent le droit d’entrée dans le jardin, tel est le personnel sur lequel s’appuie au dehors l’établissement. Une administration dont les actes sont soumis à la surveillance des fondateurs et des actionnaires, tel est le pouvoir intérieur qui exécute.

En résumé, les jardins zoologiques d’Anvers, de Gand, de Bruxelles, nous offrent un type d’institutions qui manquent à la France. Élevés par souscription, ils ne doivent rien à l’état, et ils puisent leurs propres ressources dans leur développement même. Il est question d’annexer aux collections d’animaux vivants une bibliothèque d’histoire naturelle et des cours publics. Tels qu’ils sont, si ces établissements ne professent point la science, du moins ils apprennent à l’aimer. Il