Page:Revue des Deux Mondes - 1856 - tome 1.djvu/90

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


possibles entre Suez et Alexandrie. Il est clair qu’à quelques différences près, cette hypothèse entre dans le projet précédent, dont elle n’est qu’une variante, aussi jamais personne ne s’est avisé ni ne s’avisera de cette conception bâtarde.

Jusqu’à cette heure, on l’aura remarqué, nous ne procédons que par exclusion. Si nous avons judicieusement appliqué le programme, le tracé normal que nous cherchons est en dehors du tracé direct, de tout projet de ce genre, et, sur les trois solutions que comporte le tracé indirect, les deux premières ont été régulièrement écartées ; il n’y a d’admis que le système, et dans le système, rien ne subsiste que la troisième des solutions c’est-à-dire l’hypothèse du canal passant par la base du Delta. Cette hypothèse, nous la soumettons au public comme une proposition en notre nom. Peut-être ce tracé, en dehors de toute direction excentrique, paraîtra-t-il réaliser rationnellement les données du système.


III. – PROJET NOUVEAU.

Ce projet procède de la formule du système adopté, mais de cette formule sans lacunes, telle que nous l’avons complétée. En acceptant Alexandrie, Suez, le Delta et un cours d’eau douce comme des termes indiscutables nous y avons introduit les définitions suivantes : « 1° Le canal doit utiliser les eaux du Nil au profit du commerce du monde sans les distraire de leur destination, naturelle, la fécondation du sol égyptien, tout au contraire, en aidant à la mise en culture de superficies immenses, aujourd’hui improductives et inhabitables. 2° Le canal, en se combinait avec les ouvrages hydrauliques établis ou à établir, doit favoriser une répartition plus abondante des eaux et en ordonner le régime ; 3° Le canal doit être d’un seul bief, et, tout en offrant à la grande navigation les facilités voulues, il doit concourir à l’extension et à la régularisation de la navigation intérieure de l’Égypte. »

Cet ensemble de données ne laisse rien à désirer, et notre projet y est conforme, du moins nous le pensons. Il est entendu, sans que nous le disions, que certaines parties du tracé ne peuvent être qu’approximatives jusqu’après étude sur le terrain, et que, nous prenons pour base les nivellemens de 1847.

Les dimensions du canal communes aux deux autres projets sont aussi les nôtres, si ce n’est que nous comptons 8m50 pour la profondeur minima. Le plafond est établi à 6m50 au-dessous des basses mers ; le plan d’eau normal est au niveau des hautes marées de la Mer-Rouge, soit à 2 mètres au-dessus des basses mers ; comme pendant la crue il pourra s’élever de 0m50, alors la profondeur de 8m50 sera portée à 9 mètres.