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THORNEY HALL
ANNALES D’UNE ANCIENNE FAMILLE.

DERNIÈRE PARTIE.


I.

Aux soucis d’une carrière incertaine, aux chances d’un aventureux début, d’autres soucis, d’autres chances devaient donc succéder. Je le compris lorsque mon frère Hugh m’eut révélé le but de ses patiens efforts et de ses courageux sacrifices. Reprendre possession du vieux manoir de Thorney, tel était son rêve ; mais se réaliserait-il jamais ? Autour de moi, bien des changemens s’étaient accomplis, bien d’autres devaient s’accomplir sans doute : rien cependant ne me paraissait autoriser l’orgueilleuse confiance avec la quelle Hugh envisageait l’avenir.

J’étais allée passer quelques semaines à Burndale, chez la tante Thomasine. Quand je revins à Londres, je reçus la nouvelle de plusieurs événemens qui ne devaient pas rester sans influence sur nos humbles destinées. La fille et le gendre de M. Flinte, ma cousine Blanche et le peintre Herbert, étaient revenus en Angleterre avec deux enfans : ils s’étaient établis à Islington, dans une petite habitation de ce vaste faubourg. M. Flinte refusait toujours de recevoir sa fille, de pardonner à son gendre, et bien qu’il les sût aux prises avec une gêne que n’allégeaient guère les minces produits du travail de M. Herbert, il leur déniait impitoyablement tout secours. Le docteur Larke et sa fille, cette gentille Mary que j’avais crue un moment destinée à faire le bonheur de Hugh, avaient transféré leur domicile à Blackheath. C’était presque un voyage à faire que de leur rendre