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LA NEERLANDE
ET
LA VIE HOLLANDAISE

VI.
LES UNIVERSITES, LES EGLISES ET LA LITTERATURE.
LEYDE. — UTRECHT. — GRONINGUE.



En Hollande, le mouvement intellectuel est enveloppé dans le mouvement religieux. Cette alliance de la foi et de la pensée humaine est une conséquence des événemens qui ont présidé à la régénération du pays. On le sait, la Néerlande est l’œuvre de la réformation. Son existence nationale émane des doctrines sacrées qui proclamaient dans le monde le droit au libre examen. Quoique les circonstances ne soient plus les mêmes, le principe social continue de subir l’influence du dogme. Depuis plus d’un demi-siècle, le progrès a séparé l’ordre religieux de l’ordre civil et politique ; mais les constitutions, si bonnes qu’elles soient, changent plus vite les lois qu’elles ne modifient les mœurs et le caractère historique d’un peuple. Dans un pays où le protestantisme a joué un si grand rôle, il est naturel que l’on n’épargne ni les efforts moraux ni les sacrifices matériels pour soutenir l’édifice des croyances nationales. Attaqué, le principe religieux se défend en Hollande par des armes puissantes et nombreuses. Une foule de sociétés ont été organisées pour centraliser ce mouvement, — l’Unitas, fondée par des protestans dont