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LE
CHEVALIER SARTI
HISTOIRE MUSICALE.

VI.
LES FIANÇAILLES DE BEATA.[1]


I.

Lorenzo avait quitté Venise quelques jours après la brillante assemblée où l’abbé Zamaria avait raconté l’origine et les vicissitudes de la musique moderne. Il s’était rendu à Padoue pour y suivre un cours d’études dont le sénateur Zeno avait fixé lui-même les différens sujets. Il s’était séparé de Beata avec tristesse, mais sans amertume, car non-seulement Lorenzo et Beata croyaient se revoir bientôt, mais tout leur donnait lieu d’espérer que l’avenir couronnerait leurs vœux les plus chers. Aucun incident, aucune parole n’étaient venus trahir les véritables intentions du sénateur sur le chevalier Sarti, qui, aux yeux de tout le monde, paraissait appelé à une grande fortune.

En descendant le canal de la Brenta, Lorenzo put jeter les yeux sur la villa Grimani, dont le beau jardin et la longue charmille lui rappelèrent de doux souvenirs. Suivi de son domestique Vecchiotto, il arriva à Padoue dans le courant de l’année 1792. Le chevalier

  1. Voyez les livraisons du 1er janvier et 15 août 1854, 1er et 15 août 1855, 15 avril 1856.