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UNE CAPTIVITÉ
DANS LE CAUCASE
DE DEUX PRINCESSES RUSSES.

PLENE OU CHAMILA,
Pravdivaïa povest o vosmiméçïatchnom i chestidnevnom ve (1854-55) prebyvani[1], etc.


Lorsqu’il y a deux ans les troupes alliées mirent le pied sur le sol de la Russie, on s’attendait à voir sortir de leurs montagnes les valeureuses bandes auxquelles Chamyl a imposé sa domination. Ce chef audacieux et habile pouvait en effet seconder très efficacement les projets des puissances occidentales. Pourquoi donc, malgré les nombreux pourparlers qui eurent lieu entre le prophète du Caucase, et les émissaires anglo-français, pourquoi les attaques de Chamyl n’ont-elles pas été dirigées depuis deux ans avec l’énergie et la persévérance qui pouvaient les rendre si redoutables à la Russie ? C’est une question qu’on s’est souvent posée, et que les uns croient résoudre en supposant Chamyl plus préoccupé de remplir ses coffres que de courir les chances de la guerre, les autres (et ceux-là expriment l’opinion du gouvernement russe) en attribuant sa conduite prudente au prestige que l’aigle impérial commence à exercer dans

  1. La relation très détaillée qui nous guide dans ce travail a été écrite par M. Verderevski, directeur de la Gazette de Tiflis, sous la dictée en quelque sorte des deux victimes, les plus notables du coup de main tenté par Chamyl sur la Kakhétie en 1854, — les princesses Tchavtchavadzé et Orbéliani, que le chef montagnard avait rendues à leur famille après une captivité de huit mois. Elle a pour titre : Récit véridique d’une Captivité de huit mois et six jours chez Chamyl. — Otetchestvennye Zapiski.