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a été construit pour recevoir plus de cinq cents personnes. On y donne aussi des leçons publiques [lectures) aux classes laborieuses. La géologie est dans la Grande-Bretagne une science populaire. J’assistai l’hiver dernier à un cours très intéressant de M. Thomas Huxley, professeur d’histoire naturelle à l’École métropolitaine. J’avais à côté de moi un grand nombre d’ouvriers à figure grave qui apprenaient, non sans surprise, par quelles étranges créatures leur terre avait été foulée dans un temps où l’homme ni aucun des animaux actuels n’existaient encore. La société qui préside à l’ordre et au développement du muséum publie un grand nombre d’ouvrages que doit consulter tout homme désireux de s’initier à l’histoire géologique de l’Angleterre [1]. Les bustes des géologues James Hutton, William Smith, J. Playfair, James Hall, Edward Forbes, introduisent en quelque sorte le visiteur dans ce sanctuaire de la science. Parmi ces bustes figure maintenant celui du fondateur, Henri de La Bêche, mort le 13 avril 1855.

La Société géologique de Londres (Geological Society of London) a été fondée en 1808. À la fin de 1855, cette institution comptait huit cent soixante-quinze membres. J’ai visité avec intérêt dans Somerset-House son muséum, qui est surtout formé de dons volontaires : une division est consacrée aux spécimens britanniques, et l’autre aux spécimens étrangers. Cette société tient des séances publiques et solennelles ; elle publie des ouvrages, des transactions et une revue trimestrielle, Quarterly Review.

Le Palais de Cristal (Crystal Palace), cette féerique construction, n’est point spécialement consacré à la géologie. L’idée des fondateurs a été de représenter par des monumens l’histoire de la nature avant l’homme, — l’histoire de la nature depuis l’avènement de notre race, — l’histoire du genre humain. Nous n’avons à nous occuper ici que des antiquités de notre globe. À l’extrémité du parc, dans un fond, s’élèvent au milieu de trois lacs trois îles qui se distinguent par une tentative hardie, — la restauration des animaux éteints. Ces îles et ces lacs géologiques se succèdent dans un ordre qui montre les progrès et les grandes mutations de la vie à la surface de la terre. Les mœurs de ces animaux de l’ancien monde, qui ont tous vécu en Angleterre, sont indiquées par les dispositions mômes du terrain. Les reptiles, plus aquatiques, se trouvent placés dans des bassins, les amphibies sur une petite île basse, et les plus terrestres sur une sorte de plateau, image des continens naissans ; enfin les mammifères occupent une île plus élevée, en forme de tertre.

  1. Je signalerai seulement quelques-unes de ces publications importantes : Memoirs of the Geological Survey of the United Kingdom, 1849-55 ; — British organic Remains ; — Records of the school of mines and of science applied to the Arts.