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des tableaux du ciel par zones, bien supérieurs à tous les anciens catalogues.

Très préoccupé de faire profiter l’astronomie des progrès récens de la physique, William Bond avait aussi organisé un système d’observations télégraphiques pour déterminer avec exactitude la longitude des divers points de l’Amérique. Il avait prêté beaucoup d’attention aux applications de la photographie à l’astronomie. M. George Bond, son fils, continue à s’en occuper activement, et il a pu appliquer avec succès les procédés photographiques à l’étude des phénomènes astronomiques les plus délicats, notamment à l’observation des mouvemens des étoiles doubles.

Après une carrière si dignement remplie, M. William Bond est mort au commencement de l’année 1859. Son fils, qui si longtemps fut son fidèle collaborateur, est son successeur naturel, et son nom est un sûr garant que l’activité des travaux astronomiques ne se ralentira pas à Cambridge. Le dernier mémoire publié par M. George Bond est des plus remarquables ; il est relatif à la comète de Donati, qui à la fin de l’année dernière a fait son apparition dans le ciel au milieu de la curiosité universelle. Les observations recueillies par M. G. Bond en Amérique viennent à propos s’ajouter à celles qui ont été rassemblées en Europe sur cette magnifique comète, et peuvent fournir un nouvel aliment aux discussions pleines d’intérêt qu’ont soulevées dans nos académies les corps errans, qui diffèrent par tant de caractères des corps planétaires dont se compose le cortège du soleil.

Le 2 juin 1858, l’astronome italien Donati découvrit le premier la comète qui, suivant l’usage, a gardé son nom : elle se montra à lui comme une très petite nébulosité faiblement éclairée. Peu à peu la comète présenta une condensation de lumière sensible, et on vit par degrés se définir le noyau. Ce centre de condensation ou point brillant manque quelquefois dans les comètes ; pourtant les télescopes puissans réussissent presque toujours à le découvrir. Dans la comète de Donati, le noyau atteignit rapidement un éclat extraordinaire, et sous ce rapport cette comète ne sera sans doute de longtemps surpassée par aucune autre. Autour du noyau d’une comète s’étend une nébulosité que les anciens nommaient la chevelure, et qui va se fondre dans la traînée lumineuse de la queue. La chevelure est en quelque sorte l’atmosphère cométaire du noyau : les dimensions en varient pendant le mouvement du corps errant, et surtout pendant la période où il se rapproche le plus du soleil ; elle est le siège des phénomènes les plus étranges et les moins expliqués. Le plus remarquable est la formation d’enveloppes distinctes qui se montrent autour du noyau