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nouveau. Ces alternances sont très fréquentes à l’époque des équinoxes ; les ondées torrentielles et les échappées de soleil se succèdent alternativement, et ces variations sont alors une conséquence du passage du soleil dans un autre hémisphère et du trouble général qui en résulte dans l’atmosphère.

Pendant que le vent accomplit sa rotation régulière de l’est au sud, du sud à l’ouest, de l’ouest au nord, du nord à l’est, le baromètre en accuse sans cesse toutes les variations. Par le vent du nord-est, la pression barométrique dépasse d’environ 6 millimètres celle qu’on observe par le vent opposé du sud-ouest. Le baromètre nous apprend aussi quand le temps doit s’établir d’une manière stable. Pour le beau fixe par exemple, il monte un peu au-dessus de la pression maximum ordinaire ; pour le mauvais temps fixe, il descend au-dessous du minimum de pression correspondant au vent équatorial. Quand on met les attributs du temps sur l’échelle barométrique, on inscrit temps variable en face de la division qui représente la moyenne barométrique de l’année entière. Dans leur mouvement giratoire, les vents, avons-nous dit, s’arrêtent de préférence dans nos climats à l’angle du nord-est et à celui du sud-ouest. Il faut ajouter que la station du vent se prolonge surtout dans ce dernier angle : c’est de ce côté que le vent souffle pendant une bonne moitié de l’année. On peut facilement en avoir des preuves en examinant par exemple dans quel sens s’inclinent les arbres isolés dans de grandes plaines où rien n’arrête l’effort des courans aériens ; ceux qui font tourner les moulins à vent pour les amener dans la direction où ils peuvent le mieux recevoir l’impulsion de l’atmosphère connaissent bien cette prédominance des vents du sud-ouest. C’est à l’air chaud et humide du courant équatorial que l’Irlande doit cette belle végétation qui l’a fait surnommer la verte Érin. La prédominance des vents du sud-ouest dans toute la partie de l’Océan-Atlantique qui sépare les parages de la Nouvelle-Angleterre de ceux de la Grande-Bretagne explique aussi pourquoi la traversée des navires est plus rapide des États-Unis en Angleterre que dans le sens opposé.

Il faut, dans nos climats, un certain nombre de jours pour que le mercure du baromètre, après s’être élevé au-dessus du point le plus bas, revienne à son point de départ : cette espèce de marée du mercure, image raccourcie d’une grande marée atmosphérique, coïncide avec une rotation complète de la rose des vents. Ainsi se trouvent liés, par une loi générale, les mouvemens du baromètre et des courans aériens. Cette belle loi de la rotation des vents, déjà entrevue confusément par bien des observateurs, parmi lesquels nous pourrions nommer Aristote, Pline et Bacon, a été mise par M. Dove Lors de toute contestation ; elle est devenue en quelque sorte le fondement