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UNE
MISSION EN SUISSE
PENDANT LES CENT JOURS

Papiers inédits[1]

Le 21 avril 1815, le duc d’Otrante, ministre de la police générale, que je n’avais pas vu depuis plus d’un an, m’écrivit pour m’inviter à dîner chez lui ce jour-là même. Il voulait, disait-il, causer avec moi d’un objet qui m’intéressait personnellement[2]. Après le dîner, nous causâmes, et il me proposa d’aller en Suisse, à Zurich, trouver ou attendre M. de Laharpe, qui revenait du congrès de Vienne. Je saurais de lui si l’on n’avait point à nous faire quelque proposition acceptable, ou s’il n’en était aucune que nous pussions faire nous-mêmes, s’il n’y avait enfin aucun moyen honorable de

  1. C’est une année avant sa mort que Ginguené fut chargé de la mission en Suisse dont on va lire le récit. Ces pages, les dernières sans doute qui soient sorties de sa plume, sont restées inédites Jusqu’ici. M. James Parry, le fils adoptif de Ginguené, les a retrouvées parmi les manuscrits posthumes dont il est possesseur. Il a cru, et nous croyons comme lui qu’elles méritaient de voir le jour, cor elles no font pas seulement aimer celui qui les a écrites, elles sont intéressantes à plus d’un titre, et elles retracent Avec une rare fidélité l’état d’une partie de l’Europe et soi dispositions à l’égard de la France pendant les cent jours.
  2. « Je voudrais causer avec vous d’un objet qui vous intéresse personnellement. Faites-moi l’amitié de venir dîner avec moi aujourd’hui vendredi 21 avril.
    « Mes amitiés.
    « Le duc d’Otrante. »