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LA
COMTESSE D'ALBANY

I.
LOUISE DE STOLBERG ET CHARLES-EDOUARD.

Die Gräfin von Albany, von Alfred von Reumont, 2 vol. Berlin 1860.

Le dernier héritier d’une race royale tragiquement tombée du trône d’Angleterre, une jeune princesse allemande sortie d’un couvent de Belgique pour être la compagne de ce roi sans royaume, un illustre poète italien qui devient amoureux de cette reine et qui l’enlève à son mari, un peintre du midi de la France qui finit par hériter du prince et du poète et entre les mains duquel se réunissent tous les souvenirs de cette histoire, tels sont les personnages du drame que j’ai à raconter. Le prince est ce hardi prétendant, Charles-Edouard, dont la jeunesse fut si héroïquement aventureuse ; la jeune femme est la princesse Louise de Stolberg, reine d’Angleterre, comme elle s’appelait d’abord, comtesse d’Albany, comme l’appelle l’histoire ; le poète est Victor Alfieri ; le peintre se nomme François-Xavier Fabre.

Par quel concours de circonstances des personnes de conditions si diverses se sont-elles trouvées réunies dans ce romanesque imbroglio ? Quel a été le rôle de chacune d’elles ? Comment cet épisode se rattache-t-il à l’histoire générale ? Quel jour nouveau peut-il répandre sur la société européenne à la fin du dernier siècle et au commencement du nôtre ? Ces questions et bien d’autres encore s’offrent d’elles-mêmes à la pensée quand on prononce le nom de la Comtesse d’Albany. On connaissait déjà les principaux détails de