Page:Revue des Deux Mondes - 1861 - tome 31.djvu/57

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les travaux, un peu plus tard que dans le district d’Andreasberg. Quant aux mines de Clausthal, aujourd’hui les plus importantes, on n’en reprit l’exploitation que vers le milieu du XVIe siècle. Clausthal est regardé à bon droit comme le chef-lieu administratif et le centre scientifique du pays.

Nous venons de parler des filons et des mines du Harz : en quoi consistent les richesses métallurgiques de cette contrée, et d’abord que faut-il entendre par un filon de mine ? Aux premiers âges de notre planète, les fontes se creusèrent dans la partie solide de l’écorce terrestre. Des matières minérales vinrent s’y accumuler, à peu près comme aujourd’hui encore des dépôts se forment dans les conduits traversés par les eaux thermales, mais avec une puissance dont rien ne peut donner de nos jours une idée complète. Ces fentes, chargées des richesses minérales les plus variées, sont ce que l’on nomme des filons. Le rôle de l’industrie humaine en présence de ces dépôts, de ces amas précieux, est de les épuiser le plus activement possible, pour tirer les métaux des gangues ou substances infertiles qui les enveloppent. On découpe la masse du filon par un système habilement combiné de puits et de galeries qui permettent d’en abattre successivement toutes les parties. Chaque mine est un petit monde à part. Pour en ouvrir une, on commence par creuser un puits du fond duquel on dirige une galerie horizontale vers le filon. Quand on le trouve exploitable, on approfondit le puits, et à un niveau inférieur, à 20 mètres environ plus bas, on va rejoindre la masse métallifère par une seconde galerie perpendiculaire à la direction du filon. On abat ensuite, en commençant par la galerie inférieure, tout ce qui se trouve compris entre ces deux niveaux. On pousse à cet effet, dans la direction même du filon atteint, une galerie dont la partie supérieure est fortement consolidée avec des pièces de bois rondes qu’on recouvre de tiges plus minces. Après avoir servi de plafond aux mineurs, ce boisage sert ensuite de plancher, et on procède ainsi, par degrés successifs et superposés, jusqu’à ce qu’on ait rejoint le niveau supérieur. Cette opération terminée, le filon ne contient plus qu’une série de planchers étages entre lesquels demeurent accumulées les parties les plus stériles de la gangue, que l’on ne tire point de la mine. Le puits principal, d’où partent les deux galeries horizontales entre lesquelles se concentre l’exploitation, sert en même temps à l’entrée des mineurs et à l’extraction du minerai. Il renferme aussi les pompes à l’aide desquelles on retire les eaux qui s’amassent au fond des mines. Pour être dispensé de pomper l’eau jusqu’à l’orifice même des mines, on a depuis longtemps creusé de véritables tunnels ou égouts souterrains, où les eaux élevées du fond de la mine se déversent à une