Page:Revue des Deux Mondes - 1861 - tome 34.djvu/416

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en échange des anciens états, portait qu’elle serait composée de dix membres de l’ordre du clergé, seize gentilshommes propriétaires et vingt-six membres du tiers-état, en tout cinquante-deux, ou quatre de plus que dans le Berri, pour tenir compte de l’étendue un peu plus grande de la généralité. Le roi nomma les seize premiers membres qui devaient nommer les trente-six autres. Il désigna, pour le clergé, les quatre évêques de la généralité, pour la noblesse le comte de Durfort-Boissière, le comte d’Adhémar de Panât, le comte de Lastic Saint-Pol et le marquis de Lavalette-Parisot, pour le tiers-état MM. Pons de Caylus, de Combette, de Séguret, de Neirac, Dumas, de Boutaric, de Labro et Marqueyret.

L’évêque de Rodez, M. Champion de Gicé, avait rempli, de 1765 à 1770, les fonctions d’agent-général du clergé, position importante et fort en vue qui menait toujours à l’épiscopat. Il y avait montré des talens qui le firent nommer par Necker, devenu son ami, président de l’assemblée provinciale. L’évêque de Montauban ne prit jamais part aux travaux de l’assemblée, sans doute pour ne pas accepter, la présidence de l’évêque de Rodez. L’évêque de Cahors, M. de Nicolaï, et l’évêque de Vabres, M. de Castries, se montrèrent plus accommodans. Le siège de Vabres, supprimé par le concordat, avait eu plusieurs cardinaux parmi ses évêques ; Vabres, qui a beaucoup perdu à cette suppression, n’est plus qu’une modeste commune d’un millier d’habitans, près de Sainte-Affrique. Quant à l’antique domerie d’Aubrac, elle n’existait plus depuis longtemps ; elle avait été sécularisée sous Louis XIV.

Dans la noblesse, le comte de Durfort-Boissière appartenait à la grande maison ducale des Durfort-Duras. Le marquis de Lavalette-Parisot descendait d’un frère du fameux grand-maître de l’ordre de Malte qui défendit si glorieusement son île contre les Turcs en 1565 ; on voit encore sur les bords de l’Aveyron, au-dessous de Saint-Antonin, les ruines du château de Lavalette, bâti vers le milieu du douzième siècle. Ces montagnes avaient produit deux autres grands-maîtres de l’ordre, Dieudonné de Goyon, qui tua le fameux serpent de Rhodes et devint grand-maître en 1345, et Jean de Lastic, élu en 1437 ; c’est à une branche de cette dernière famille qu’appartenait le comte de Lastic Saint-Pol, lieutenant-général des armées du roi, nommé membre de l’assemblée. Le comte d’Adhémar, issu des Adhémar de Provence, avait acquis par mariage la terre de Panat, une des plus anciennes châtellenies du Rouergue ; les seigneurs de Panât étaient autrefois au premier rang parmi les barons des états, et cette nomination rappelait heureusement des souvenirs chers à la province.

Dans le tiers-état, M. de Séguret était lieutenant-général au présidial