Page:Revue des Deux Mondes - 1862 - tome 38.djvu/145

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la taille et, comme disent les amateurs, au style général de sa personne. Plus moderne que le stag-hound, dont il est incontestablement descendu, il doit à son origine et sans doute à de nombreux croisemens les grandes qualités qui le distinguent, telles que la force, le courage, la docilité, la vitesse et un odorat très sûr. C’est, assure-t-on, de tous les chiens courans celui qui a le plus le démon au corps. Un Anglais, M. Ward, a obtenu de son temps, c’est-à-dire il y a quelques années, la plus grande célébrité pour les soins qu’il a donnés, comme éleveur de fox-hounds, à cette branche importante de l’art de la chasse.

Le perfectionnement de la race canine en général a été d’ailleurs et est encore tous les jours l’objet d’études assidues dans la Grande-Bretagne. Il y a des concours de chiens qui sont annoncés d’avance dans les journaux : les candidats s’élancent à un signal donné (le plus souvent un coup de pistolet) et parcourent le champ clos au milieu des émotions et des applaudissemens de la foule. D’autres s’exercent à poursuivre le lapin ou même le rat dans des établissemens consacrés à ce genre de sport, et à la porte desquels on lit en manière d’enseigne cette devise plaisante : « une bonne provision de rats toujours sous la main. « Il existe aussi de temps à autre dans presque toutes les grandes villes de l’Angleterre des expositions ou des congrès de chiens célèbres. Les vainqueurs dans différentes courses, où quelques-uns ont gagné jusqu’à des prix de 250 livres sterling, figurent au milieu de ces meetings avec leurs trophées, — des coupes, des colliers et des médailles d’or ou d’argent. Une de ces dernières expositions, à laquelle j’assistais dans la ville de Londres, attira dès le premier jour quatre mille curieux, quoique le prix d’entrée fût d’un shilling. On pense bien que le fox-hound n’a pas été non plus sans recueillir de nombreux encouragemens. Il y a quelques années, un amateur, M. Meynell, conclut un pari de 500 guinées pour faire courir deux de ses fox-hounds contre deux autres chiens de la même race, appartenant à M. Barry, un confrère sportsman. Un autre événement fit encore plus de bruit dans le monde des chasseurs : je parle du grand défi de 1,000 guinées entre le duc de Beaufort et le comte de Winchilsea. Il s’agissait de savoir qui l’emporterait à la course, du chien ou du cheval employés pour la chasse au renard. Quel genre de gloire a manqué au fox-hound ? Il a été célébré par les vers de Somerville et par la prose de Beckford, qui passe avec raison pour le meilleur écrivain classique du sport. De nos jours même, un artiste anglais, M. Francis Grant, qui a visité tout exprès plusieurs meutes dans la Grande-Bretagne, a introduit dans ses tableaux de chasse les portraits de quelques-uns de ces chiens si recherchés par l’aristocratie.